J’ai encore entendu un ami vanter les mérites de l’indépendance de la Suisse face à l’Union européenne. Contrairement à lui, Je pense que cette indépendance relèvera gentiment du mythe si nous persistons dans notre voie solitaire, à croire que 450 millions de personnes sont des imbéciles et que nous, Sonderfall que nous sommes, détenons la vérité.
J’aime comparer la relation entre la Suisse et l’Europe à la relation qui existe entre le Lichtenstein et la Suisse. La Suisse est une espèce d’Europe miniature d’un point de vue géographique : 26 Etats, quatre langues, différentes cultures, régions économiques, et j’en passe. Avec 150 ans de retard, l’Union est confrontée à des problèmes majeurs que nous avons dû régler en 1848.
A côté de cette Union Helvétique se dresse un petit Etat indépendant, sur le papier du moins.
Le Lichtenstein peut constituer un gouvernement mais ses compétences sont assez limitées. La Poste, les Affaires Etrangères, la monnaie, l’armée, et j’en passe, sont des domaines qui sont complètement régis par la Confédération. Comparons maintenant la petite principauté à mon cher canton. Le Valais est un « petit Etat » de la Confédération, avec une représentation de seulement 9 parlementaires sur 246. Et bien, malgré sa petite taille, le Canton parvient tout de même à avoir une des représentations les plus en vue du pays, avec un président de parti national, deux conseillers fédéraux ou un catogan gueulard. Les Valaisans ont de l’influence, même s’ils sont rares. Maintenant, réfléchissons, quel est l’Etat le plus indépendant ? Celui qui peut prendre position le jour où la BNS demandera une dévaluation, ou celui qui ne pourra que regarder le Franc suisse perdre de sa valeur ? Je crois que la participation constitue une garantie d’indépendance.
Nous devons absolument éviter de devenir le Lichtenstein de l’Europe. Non pas que je n’aime pas ce micro Etat, mais parce que nous sommes trop grands pour nous contenter d’une place de suiveur dans la logique internationale. Je crains cependant que notre indépendance se réduise déjà comme peau de chagrin. Etudiant en droit, je constate que le terme « euro compatible » sort presque aussi souvent de la bouche du professeur que le principe de la protection de la bonne foi. Euro compatible, c’est quoi en pratique ? C’est simple : après de longs débats, nos parlementaires finissent par appliquer le papier carbone pour reprendre les directives de Bruxelles.
Le Luxembourg est sans doute un nain sur l’échiquier européen, mais il peut contribuer à l’élaboration des lois européenne et chercher un consensus. Nous, les Suisses, nous ne pouvons pas. Les Pays-Bas peuvent influencer la rédaction de la Constitution européenne, nous ne pourrons que la ratifier le jour où nous nous déciderons à adhérer. Chaque jour qui passe nous enlève un peu de notre marge de manœuvre sur la politique internationale et nationale. En d’autre termes, on appelle ça une perte d’indépendance. Progressivement, nous risquons de ne devenir que l’ombre de cette Europe politique qui avance, pas toujours au même rythme, mais qui avance quand même. Regardez, on peut déjà payer en euros dans presque toutes les grandes surfaces du pays, et même aux automates des T-L !
Certes, tous les malheurs prédits en 1992 ne se sont pas réalisés, tant mieux, nous pouvons réfléchir plus sereinement à une adhésion.
Du côté des partis politiques, l’ambiance européenne est sinistre. Personne - à part les opposants - n’osent aborder de front la question, et c’est bien dommage. Car l’adhésion est une question plus importante que l’AOC Fromage des Grisons. Malheureusement, il reste bien peu de politiciens suffisamment courageux pour défendre une idée à contre-courant.
Une grande majorité des intervenants de ce site sont des jeunes qui ne risquent pas leur carrière politique à défendre un sujet impopulaire. Profitons de cette plate-forme pour relancer le Grand débat de la décennie à venir !
vendredi, 16 février 2007
Pour un aéroport au service du Valais
Pour les jeunes radicaux et libéraux valaisans, demain, vendredi 10 novembre, sera un grand jour. La première initiative populaire cantonale lancée par les jeunes politiciens sera publiée dans le Bulletin Officiel, ce qui marquera le début de la récolte des 4000 signatures requises.
L’initiative attribue une nouvelle tâche au Canton : la gestion de son aéroport dans un but touristique et économique. Actuellement, la structure est en mains de la Commune de Sion et occupe pour l’essentiel une place de base aérienne pour notre chère armée.
Trente pourcents du PIB cantonal proviennent directement ou indirectement du tourisme. Nos clients sont anglais, hollandais et français. Un aéroport capable de recevoir des Boeing 737 sert aujourd’hui principalement aux vols des FA/18. Cherchez l’erreur. Dans un canton alpin et touristique, ce formidable instrument devrait servir prioritairement à l’accueil de nouveaux touristes, sans pour autant cherche à tous prix à évacuer l’armée.
Le transfert de la commune au canton est la mesure la plus décriée de notre texte. Nous n’avons jamais voulu ternir la qualité de la gestion de l’aéroport par la ville de Sion, mais seulement donner à la plateforme un cadre de gestion plus régional. En effet, si l’aéroport de Sion devient l’aéroport du Valais et sert en primeur aux stations de Crans Montana, Verbier ou Nendaz, il est illogique de laisser le conseil communal de Sion s’occuper de son développement. Pas pour cause de manque de compétence, mais de perspectives cantonales. En comparaison, l’EPFL est à Lausanne et ce n’est pourtant pas l’Etat de Vaud qui la gère…
Si nous obtenons le nombre requis de signatures et que le projet est accepté par le peuple en votation, le parlement et le conseil d’Etat seront amenés à rédiger une loi et une ordonnance d’application de l’article constitutionnel. Il faudra alors réfléchir comment attirer de nouvelles compagnies aériennes à Sion. Premièrement, nous proposons que l’offre soit orientée en priorité sur les quatre mois de l’hiver et les deux mois de l’été. Les taxes d’aéroport restent actuellement trop élevées pour convaincre des « low-cost ». Il faudra par conséquent réorganiser quelque peu l’aéroport pour parvenir à baisser ces taxes. Des négociations devront être menées avec l’OFAC pour obtenir des créneaux avec les villes de provenance de nos clients, comme Londres, Amsterdam ou Paris ; une étude de marché le définira. Enfin quelques modestes améliorations techniques devront être planifiées pour améliorer l’accueil. Tout cela ne constitue que des pistes de réflexion. Au Grand Conseil de creuser plus en profondeur la question pour faire de cet aéroport un véritable atout pour notre canton.
Je crois fermement que mon canton peut améliorer son offre touristique et augmenter ainsi son niveau de vie. L’aéroport du Valais est une pierre à l’édifice d’une croissance économique durable, fondée sur des domaines où nous sommes forts. Nous verrons si l’avenir me donne raison, mais, quoi qu’il arrive, l’enjeu en vaut la chandelle. Tiens, je ne peux plus attendre de retourner récolter des signatures aux pieds des pistes de ski !
L’initiative attribue une nouvelle tâche au Canton : la gestion de son aéroport dans un but touristique et économique. Actuellement, la structure est en mains de la Commune de Sion et occupe pour l’essentiel une place de base aérienne pour notre chère armée.
Trente pourcents du PIB cantonal proviennent directement ou indirectement du tourisme. Nos clients sont anglais, hollandais et français. Un aéroport capable de recevoir des Boeing 737 sert aujourd’hui principalement aux vols des FA/18. Cherchez l’erreur. Dans un canton alpin et touristique, ce formidable instrument devrait servir prioritairement à l’accueil de nouveaux touristes, sans pour autant cherche à tous prix à évacuer l’armée.
Le transfert de la commune au canton est la mesure la plus décriée de notre texte. Nous n’avons jamais voulu ternir la qualité de la gestion de l’aéroport par la ville de Sion, mais seulement donner à la plateforme un cadre de gestion plus régional. En effet, si l’aéroport de Sion devient l’aéroport du Valais et sert en primeur aux stations de Crans Montana, Verbier ou Nendaz, il est illogique de laisser le conseil communal de Sion s’occuper de son développement. Pas pour cause de manque de compétence, mais de perspectives cantonales. En comparaison, l’EPFL est à Lausanne et ce n’est pourtant pas l’Etat de Vaud qui la gère…
Si nous obtenons le nombre requis de signatures et que le projet est accepté par le peuple en votation, le parlement et le conseil d’Etat seront amenés à rédiger une loi et une ordonnance d’application de l’article constitutionnel. Il faudra alors réfléchir comment attirer de nouvelles compagnies aériennes à Sion. Premièrement, nous proposons que l’offre soit orientée en priorité sur les quatre mois de l’hiver et les deux mois de l’été. Les taxes d’aéroport restent actuellement trop élevées pour convaincre des « low-cost ». Il faudra par conséquent réorganiser quelque peu l’aéroport pour parvenir à baisser ces taxes. Des négociations devront être menées avec l’OFAC pour obtenir des créneaux avec les villes de provenance de nos clients, comme Londres, Amsterdam ou Paris ; une étude de marché le définira. Enfin quelques modestes améliorations techniques devront être planifiées pour améliorer l’accueil. Tout cela ne constitue que des pistes de réflexion. Au Grand Conseil de creuser plus en profondeur la question pour faire de cet aéroport un véritable atout pour notre canton.
Je crois fermement que mon canton peut améliorer son offre touristique et augmenter ainsi son niveau de vie. L’aéroport du Valais est une pierre à l’édifice d’une croissance économique durable, fondée sur des domaines où nous sommes forts. Nous verrons si l’avenir me donne raison, mais, quoi qu’il arrive, l’enjeu en vaut la chandelle. Tiens, je ne peux plus attendre de retourner récolter des signatures aux pieds des pistes de ski !
Des arguments un peu malheureux
L’Union Démocratique du Centre a eu l’occasion dans le Nouvelliste de vendredi d’exposer ses deux arguments principaux relatifs au fond de cohésion pour les pays de l’Est. Etonné de leur impertinence, je profite de cette tribune pour y répondre.
Le premier concerne l’absence de « négociations » qui entoure notre participation. Ces messieurs du « centre » prétendent que nous aurions au moins pu négocier la résolution du problème de Kloten ou régler des questions liées à la fiscalité helvétique en échange des 100 millions par an pendant dix ans. Il faut savoir que cet argent va dans une caisse collective, le fond de cohésion, doté chaque année d’un budget d’environ 40 milliards d’euros. Sans vouloir minimiser notre contribution, ces 100 millions de francs ne constituent pas une manne suffisamment considérable pour réclamer une génuflexion de l’UE. L’Allemagne et la France, malgré une situation économique assez moyenne en ce moment, contribuent assez fortement au fonds de solidarité. Ces pays n’ont rien exigé pour participer à la reconstruction de l’Est, s’agissant simplement d’un geste humain d’aide à des pays frères qui ont eu la mauvaise idée de se faire envahir par les Russes. Nous ne donnons rien pour l’ancienne Europe des 15, il est par conséquent difficile d’obtenir un retour de leur part. De ce point de vue, nous devrions plutôt demander des compensations à la Pologne. Imaginez Micheline Calmy-Rey partir à Varsovie demander une aide polonaise pour la formation en Suisse, ce serait la meilleure blague de l’année. C’est un peu comme si on s’attendait à être invité à manger par Jean-Marc Richard à chaque fois que l’on fait un don à la chaîne du bonheur. Il s’agit là de solidarité entre les pays d’Europe et je ne vois pas la raison pour laquelle tous les pays occidentaux feraient un effort sauf la Suisse. Même la Norvège, non membre de l’Union Européenne, contribue pour le fond de cohésion à hauteur de 1.6 milliards de francs. Nous ne sommes pas un pays particulièrement pauvre incapable de solidarité, l’histoire l’a même montré par nos nombreuses aides au développement. Réclamer un droit de passage pour nos avions au Sud de l’Allemagne en échange de notre solidarité serait le comble de la mesquinerie.
Le second argument tient au fait qu’il n’existe pas de plafond financier dans la loi. C’est le fameux chèque en blanc que le peuple Suisse donne à ses élus. Connaissez-vous beaucoup de lois qui fixent un plafond au budget de la Confédération ? Non, évidemment. La loi sur l’AVS ne fixe pas le nombre de rentiers ni le montant des rentes. Je suis surpris qu’après trois ans au Conseil National, Oskar Freysinger ne sache toujours pas ce qu’est un budget. Une loi contient des normes générales et abstraites, l’ordonnance réglemente l’application de la loi. C’est le budget, arrêté fédéral voté par le parlement, qui fixe le montant alloué à l’application des lois. Le parlement le fait pour un montant de 50 milliards de francs chaque année, pourquoi devrait-il en être autrement pour ces 100 millions ? Chiffrer dans la loi un plafond à la contribution Suisse serait tout simplement contraire à l’ordre juridique. Malgré ce qu’a l’air de prétendre l’UDC, le parlement peut légitimement gérer les comptes de la Confédération. Même si les chambres ne sont pas systématiquement du même avis que le plus grand parti du pays, elles gardent le droit d’administrer l’Etat. Si le problème est vraiment la question du contrôle du peuple sur les dépenses fédérales, les opposants à la loi sur la coopération avec les dix nouveaux membres de l’UE auraient été plus cohérents en proposant une initiative introduisant le référendum budgétaire.
Je crois que nos amis agrariens sont à court d’argument sur le sujet. Ils prétendent désormais être d’accord sur le principe du milliard, voire même exiger cette contribution, mais dans un cadre légal assez douteux d’un point de vue juridique. Peut-être admettront-ils en fin de campagne que le référendum n’était qu’une question de principe anti-européen. Ces parlementaires me semblent tellement regretter la douce période de l’URSS, où les démocraties populaires n’avaient pas besoin de notre soutien, où l’armée pouvait encore justifier des budgets gigantesques et où l’on pouvait si facilement schématiser le bien du mal dans notre bonne vieille Europe…
Le premier concerne l’absence de « négociations » qui entoure notre participation. Ces messieurs du « centre » prétendent que nous aurions au moins pu négocier la résolution du problème de Kloten ou régler des questions liées à la fiscalité helvétique en échange des 100 millions par an pendant dix ans. Il faut savoir que cet argent va dans une caisse collective, le fond de cohésion, doté chaque année d’un budget d’environ 40 milliards d’euros. Sans vouloir minimiser notre contribution, ces 100 millions de francs ne constituent pas une manne suffisamment considérable pour réclamer une génuflexion de l’UE. L’Allemagne et la France, malgré une situation économique assez moyenne en ce moment, contribuent assez fortement au fonds de solidarité. Ces pays n’ont rien exigé pour participer à la reconstruction de l’Est, s’agissant simplement d’un geste humain d’aide à des pays frères qui ont eu la mauvaise idée de se faire envahir par les Russes. Nous ne donnons rien pour l’ancienne Europe des 15, il est par conséquent difficile d’obtenir un retour de leur part. De ce point de vue, nous devrions plutôt demander des compensations à la Pologne. Imaginez Micheline Calmy-Rey partir à Varsovie demander une aide polonaise pour la formation en Suisse, ce serait la meilleure blague de l’année. C’est un peu comme si on s’attendait à être invité à manger par Jean-Marc Richard à chaque fois que l’on fait un don à la chaîne du bonheur. Il s’agit là de solidarité entre les pays d’Europe et je ne vois pas la raison pour laquelle tous les pays occidentaux feraient un effort sauf la Suisse. Même la Norvège, non membre de l’Union Européenne, contribue pour le fond de cohésion à hauteur de 1.6 milliards de francs. Nous ne sommes pas un pays particulièrement pauvre incapable de solidarité, l’histoire l’a même montré par nos nombreuses aides au développement. Réclamer un droit de passage pour nos avions au Sud de l’Allemagne en échange de notre solidarité serait le comble de la mesquinerie.
Le second argument tient au fait qu’il n’existe pas de plafond financier dans la loi. C’est le fameux chèque en blanc que le peuple Suisse donne à ses élus. Connaissez-vous beaucoup de lois qui fixent un plafond au budget de la Confédération ? Non, évidemment. La loi sur l’AVS ne fixe pas le nombre de rentiers ni le montant des rentes. Je suis surpris qu’après trois ans au Conseil National, Oskar Freysinger ne sache toujours pas ce qu’est un budget. Une loi contient des normes générales et abstraites, l’ordonnance réglemente l’application de la loi. C’est le budget, arrêté fédéral voté par le parlement, qui fixe le montant alloué à l’application des lois. Le parlement le fait pour un montant de 50 milliards de francs chaque année, pourquoi devrait-il en être autrement pour ces 100 millions ? Chiffrer dans la loi un plafond à la contribution Suisse serait tout simplement contraire à l’ordre juridique. Malgré ce qu’a l’air de prétendre l’UDC, le parlement peut légitimement gérer les comptes de la Confédération. Même si les chambres ne sont pas systématiquement du même avis que le plus grand parti du pays, elles gardent le droit d’administrer l’Etat. Si le problème est vraiment la question du contrôle du peuple sur les dépenses fédérales, les opposants à la loi sur la coopération avec les dix nouveaux membres de l’UE auraient été plus cohérents en proposant une initiative introduisant le référendum budgétaire.
Je crois que nos amis agrariens sont à court d’argument sur le sujet. Ils prétendent désormais être d’accord sur le principe du milliard, voire même exiger cette contribution, mais dans un cadre légal assez douteux d’un point de vue juridique. Peut-être admettront-ils en fin de campagne que le référendum n’était qu’une question de principe anti-européen. Ces parlementaires me semblent tellement regretter la douce période de l’URSS, où les démocraties populaires n’avaient pas besoin de notre soutien, où l’armée pouvait encore justifier des budgets gigantesques et où l’on pouvait si facilement schématiser le bien du mal dans notre bonne vieille Europe…
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