lundi, 25 juin 2007

Fête nationale

De retour sur la « blogosphère » après une session d’examens trop longue.

J’ai entendu il y a quelques semaines une proposition qui m’avait laissé plutôt songeur sur le moment : changer la date de la fête nationale.
Que fêtons nous au juste le premier août ? C’est le fameux pacte de 1291 entre les trois cantons primitifs, proclamant l’indépendance du pays. Le choix de la date a été arrêté en 1891, profitant de l’occasion de fêter le 600e anniversaire, et par nécessité d’organiser une fête nationale. La date du premier août n’est d’ailleurs pas très précise, puisque le pacte aurait été conclu « au début du mois d’août ».

L’autre option me direz-vous. Le 12 septembre, soit la date de la Constitution de 1848 qui marque la naissance de la Suisse moderne, celle des 25 cantons (puis 26), du fédéralisme, de notre poids économique, des écoles polytechniques, puis, par conséquent, des institutions sociales, des CFF, et j’en passe. C’est aussi la date de la réconciliation (un peu forcée) entre catholiques et protestants après notre guerre civile.

De ces deux dates, je choisi le 12 septembre. Fêtons-nous un pays de trois cantons, qui n’est pas vraiment encore un pays, fondé sur une alliance essentiellement militaire et dans un esprit de rejet de l’étranger ; ou la naissance d’un Etat fédéral moderne avec toutes les institutions que cela comporte ?
C’est aussi l’occasion de nous éloigner de certains mythes qui font le bonheur des mouvements d’extrême droite. La Suisse est indépendante, mais ce n’est vraiment pas sa première qualité.

Si le sujet n’est pas primordial, je pense qu’il mérite malgré tout d’être discuté. Une petite anecdote amusante pour la fin. Savez-vous que les trois cantons primitifs ont refusé les trois constitutions de la Suisse moderne (1848, 1874, 1999) ? Ceux qui ont fait le 1er août n’ont jamais voulu de la Suisse moderne.

4 commentaires:

papa a dit…

C est bien mon fifi. En plus, Clem devrait avoir le droit de faire des pétards en septembre, vu qu'il fait déjà beaucoup plus humide. Je suis pour.

Grégoire O. a dit…

L'essentiel n'est pas ce que l'on fête, mais bel et bien pourquoi. En 1891, l'ancienneté compte pour beaucoup dans le prestige d'une nation. Le pacte de 1291 ne doit pas être considéré par nous comme l'union sacrée des trois cantons primitifs, mais comme celle de peuples distincts désireux d'être plus forts grâce à la solidarité, un des points fondamentaux de notre pays, aujourd'hui encore. Au XIXe, la Suisse a besoin d'une identité forte, de se forger une unité qui n'a existé que de manière vacillante durant des siècles : c'est pourquoi on ressort l'ancien pacte des poussières de l'histoire, qu'on remet Guillaume Tell au goût du jour et que les manifestations confédérales se succèdent. Et, même si le 12 septembre 1848 voit naître la Confédération dans sa configuration politique actuelle, ce serait être bien peu reconnaissant aux fondateurs de l'Etat fédéral moderne que de vouloir maintenant changer une date dont ils étaient fiers.
La raison pourrait pousser à choisir le 12 septembre comme fête nationale ; mais le patriotisme est plutôt affaire de passions (parfois malheureuses) et de symboles, aujourd'hui trop ancrés dans les mentalités populaires pour qu'on les remplace par d'autres.

Dodo a dit…

comme toujours, les radicaux se préoccupent des points essentiels pour l'avenir du pays... Après la suppression des associations écologistes, la retraite à 98 ans, voici un sujet qui est en effet moins nocif pour nos concitoyens...

Philippe Nantermod a dit…

ha non, on n'a jamais demandé la retraite à 98 ans...