mardi, 20 novembre 2007

La Suisse s'ennuie

Je veux aussi participer à l’hystérie face à l’explosion de la délinquance juvénile. Ces derniers jours, on a rien trouvé de mieux à faire que de taper de toutes nos forces sur les jeunes ; vous savez, ceux qui laissent les pieds sur les sièges dans le train et qui écoutent de la musique trop fort à l’arrêt de bus.
A en croire les médias on assiste à une hausse sans précédente de la violence, un peu comme dans les banlieues françaises. Certains proposent un couvre-feux, d’autres un uniforme obligatoire, des caméras de sécurité partout… On entend que la tolérance zéro sera appliquée à l’encontre des taggeurs.

Récapitulons. Nous sommes en 2007. On se plaint de la fumette, des tags, des bagarres, des incivilités. On a inventé tout ça depuis l’an 2000 ? Souvenez-vous comme c’était mieux avec les punks, les hippies, les junkies, les soixante-huitards, les skinheads…

Oui, il y a des jeunes délinquants. Rappelez-vous seulement les discours que vos parents tenaient sur ces punks et ces hippies. Nous n’inventons rien. J’ai cependant un peu de peine à admettre que l’on assouvisse notre désir d’ordre par des mesures qui s’appliquent uniformément à tous les jeunes, délinquants ou non. Pour quelle raison devrait-on suppléer aux parents en imposant un couvre-feux à 22 heures pour tous les enfants de moins de 16 ans ? En dehors d’une hypothétique lutte contre le mauvais goût, qu’est-ce qui justifie l’imposition d’un uniforme dans les collèges ? Je suis sans doute un criminel aux yeux de ces politiciens vertueux : j’avoue qu’avant 16 ans (peut-être même à 14 ans), j’étais sorti jusqu’à minuit pendant mes vacances d’été, j’avais bu de la bière et j’avais même fumé une cigarette. Mais que pouvait donc bien faire la police, s’il vous plaît ?

Si nous voulons vraiment rétablir un semblant de sécurité, nous pourrions revoir certaines peines à la hausse (comme fixer une peine plancher pour les meurtres), ou appliquer réellement le Code pénal pour ceux qui commettent des infractions ; mais ne punissons pas ceux qui n’en commettent pas. Il ne s’agit même pas de présomption d’innocence, mais de présomption de potentialité de délit.

D’où peut bien venir cette soudaine crainte de la criminalité ? Je n’ai pas l’impression qu’elle explose, pourtant je sors, je fais la fête, je fréquente même des jeunes… et pourtant. Je commence à croire que la Suisse s’ennuie. Il y a quelques jours, je regardais le défilé des voitures à Collombey. L’embouteillage s’étendait sur presque un kilomètre. Pour quelle raison ? Simplement parce qu’un distributeur allemand a acheté un hangar dans une zone industrielle pour y exposer des aliments en palettes. Aldi était l’événement du week-end. Alors forcément, je peux comprendre qu’on doive se raconter des histoires, s’imaginer avoir les mêmes problèmes que les Français et rêver qu’un Sarkozy viendra nous sauver. En France, on manifeste pour des questions salariales. Ici, pour soutenir une maison en paille. La Suisse va bien, mais qu’est-ce qu’elle s’ennuie !

lundi, 12 novembre 2007

L'ASIN me fait mal au ventre

Ne pas manquer cet article sur l'Association pour une Suisse indépendante et neutre. Définitivement, cettte association est dirigée par une bande d'idiots. Ca craint... Aucune envie d'argumenter plus que ça.

dimanche, 4 novembre 2007

Adhérons. Vite, très vite.

Le Conseil fédéral veut introduire le fameux principe du Cassis de Dijon. En bon libéral, je ne peux qu’approuver : reconnaître unilatéralement l’ensemble des produits européens sans leur soumettre de restrictions liées à des normes, à quelques exceptions près. Cette décision revient à reconnaître que le droit européen s’applique en Suisse sans même passer par la case Assemblée fédéral, cette chambre d’enregistrement des décisions de Strasbourg.

Oui, le Cassis de Dijon provoquera une pression à la baisse sur les prix à la consommation. Le citoyen devrait en tirer d’immenses avantages. Quelques entreprises helvétiques exportatrices y trouveront des défauts, mais je ne doute pas que des aménagements sauront être trouvés pour adoucir la mesure.

Le gros problème de ce fameux principe, c’est l’asservissement qu’il provoque. La perte de notre indépendance. Il montre que plus nous restons en dehors de l’Europe, plus nous en devenons le satellite.

Chers compatriotes, réveillez-vous ! Ceux qui vous disent que l’Europe, c’est la fin de notre tradition démocratique, la fin de nos institutions ou la fin de notre indépendance se moquent de vous. Ce sont des menteurs – ou des idiots.

Nous perdons notre indépendance quand nous devons appliquer le dictat de Bruxelles. C’est exactement ce qui nous arrive depuis 1992. Depuis que nous devons trouver des emplâtres pour nos jambes de bois, depuis que nous avons décidé que, finalement, il valait mieux obéir que de décider.

Cette expression, souvent reprise du dictat de Bruxelles, correspond assez bien à la situation actuelle. Nous allons sans doute devoir faire des concessions sur la question fiscale. Nous abandonnons pratiquement notre pouvoir réglementaire en matière économique avec le Cassis de Dijon. Si nous étions membres ? Nous aurions 14 élus sur 750 au Parlement européen, un sur 28 au Conseil de ministres, et un sur 28 à la Commission. C’est à peu près le poids de Schwitz dans la Confédération. Même si ce n’est pas énorme, je n’ai pas souvent entendu parler du canton primitif comme un canton asservi et qui avait perdu sa souveraineté.

Bref, tout ça pour dire, adhérons. Vite, ça presse, avant que toutes les décisions importantes n’aient été prises.

jeudi, 18 octobre 2007

UDC - PS: Même combat

On a pu croire, à tort, dans cette campagne que le Parti socialiste n’était pas un parti qui prenait les gens pour des idiots. La dernière affiche du parti prouve le contraire.

Cette affiche, que l’on peut trouver sur nos murs est explicite « Pour qui allez-vous voter ? » A cocher : « UDC ou PS » avec un lien vers leur site la-decision.ch.

Je vois deux raisons principales de s’opposer à ce genre de promotion. Tout d’abord, le choix ne se limite pas entre UDC et Socialistes. Il existe beaucoup d’autres partis, dont deux gouvernementaux, qui sont complètement laissés pour compte dans cette propagande. Ces partis sont importants et ne méritent pas d’être éliminé du jeu politique. C’est à croire que les socialistes souhaiteraient le retour du système majoritaire. Dans le fonds, pourquoi pas : il suffit de voir la représentation de la chambre des cantons pour comprendre que ce mode d’élection favorise surtout le centre-droit (29 sièges sur 46 partagés entre PDC et Radicaux). Ce que fait le PS avec son affiche, c’est simplifier le débat, réduire la politique à un combat entre deux partis minoritaires, un peu comme quand l’extrême droite réduit les questions à un débat pour ou contre les abus.

Le second point intéressant est de voir les connivences de fait entre les deux plus gros partis suisses. La montée de l’UDC et ses provocations aident le PS à se positionner. Plus l’UDC engrangera de voix, plus le Parti socialiste pourra profiter de cette situation pour s’attirer de nouveaux électeurs. L’UDC procède de la même manière, en attaquant systématiquement la gauche sans tenir compte de l’existence de la droite.

J’arrive à la conclusion que les vrais ennemis politiques du PS et de l’UDC sont les partis du centre-droit. Si nous n’existions plus, que le monde serait beau ! Finie la concordance, bienvenu dans le monde de l’alternance. A se tirer dessus, on peut crier de vraies professions de foi sans nécessité de tenir compte du bien public. Chacun à son tour, UDC et PS pourront se partager le pouvoir.

Nous sommes donc niés. Nous ne comptons plus. Chers Socialistes, que le monde serait plus simple si nous n’existions pas. Tout comme il serait pratique que les étrangers n’existent plus pour l’extrême droite. La réalité est malheureusement plus complexe que cela. Et nous ne mourrons pas sans nous battre. Promis.

dimanche, 14 octobre 2007

Fin de campagne

Même s’il reste une semaine, c’est la fin de la campagne. Beaucoup ont déjà fait leur choix, la plupart ont déjà voté.

Les quelques mois qu’ont durée cette course furent ponctués par des annonces, des affiches, des débats. Plusieurs regrets, parmi lesquels le fait que l’on ne commence que maintenant à parler de sujet importants. Un autre, le fait que l’on n’aie pas pu mieux développer les points de vue radicaux et libéraux. Des plaisirs aussi, comme cette charmante dame qui m’annonce dans la rue m’avoir accordé un suffrage, ou ces dizaines de jeunes qui ont adhéré à notre mouvement suite à notre travail.

Avec mes quatre colistiers, et mes amis des listes apparentées, nous avons battu la campagne de toutes nos forces, avec conviction, parfois dans le vide, mais aussi – et c’était souvent le cas – pour convaincre des gens que la solution ne résidait pas forcément aux pôles de la politique. J’espère que ce travail trouvera un reflet dans les résultats de dimanche prochain. Nos quatorze candidats ont bien travaillé, étaient compétents et on su porter l’image d’un libéralisme humain dont je suis fier.

On peut s’attendre à une défaite du centre. Les PDC, PRD et Libéraux devraient rester au-delà des 30%. Cela reste insuffisant et j’espère que nous ouvrirons les yeux et créeront un vrai parti populaire de centre-droit, un parti libéral qui le mérite. J’étais invité en 2003 sur le plateau de la TSR pour commenter les résultats. Avec bien d’autres, je plaidais pour une alliance de ce type. Je parie que les discussions seront les mêmes dimanche prochain. Il faudra maintenant dépasser les simples déclarations pour faire quelque chose. Je compte là-dessus sur une nouvelle génération de politicien, dont j’espère faire partie.


Amis PDC, plutôt que de nous quereller à savoir qui aura battu l’autre, travaillons à ce que l’UDC et les Socialistes réunis ne cumulent plus une majorité absolue aux chambres.

Merci à tous de vos commentaires sur ce site et à très bientôt pour de nouvelles aventures !

mercredi, 3 octobre 2007

Médias et service public

Le financement des médias dits publics a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. La question de l’augmentation de la redevance pour la SSR a fait beaucoup de foin et c’est compréhensible.
La redevance TV représente 700 millions de francs pour 330 millions de recettes commerciales. Peut-on vraiment dire que les deux tiers des programmes de la TSR sont qualifiables de « service public » ? Est-ce normal qu’une part importante de la redevance serve à la diffusion de séries ou de jeux télévisés dont le rôle de service public est moyen ? Non, je ne le crois pas.
Le système fonctionne assez bien pour la Première : les émissions sont de qualité, la publicité quasi inexistante. Les autres chaînes, c’est une autre histoire.

Bref, une petite idée à débattre ici. Plutôt que de financer les chaînes, si on finançait les émissions ? L’enveloppe budgétaire resterait, mais ne serait pas limitée aux entreprises publiques. Chaque chaîne pourrait proposer des émissions de « qualité » qui remplissent un rôle de service public et se verraient subventionnées en fonction de l’intérêt public qu’elles apportent. Au lieu de financer la diffusion de « Lost », on pourrait aider Léman Bleu pour son excellente émission « Genève à chaud », ou Canal9 pour ses débats politiques. Le système n’est certes pas idéal, surtout pour un libéral, mais malgré tout plus satisfaisant que l’actuel.

jeudi, 20 septembre 2007

Pour des suppléants nationaux

Le peuple suisse et les jeunes radicaux sont attachés à notre parlement de milice. Bien que difficile, un lien étroit entre le travail d’élu et la vie professionnelle est possible et garder un pied dans l’entreprise et l’autre dans la salle des pas perdu reste un nécessité pour la confiance entre les élus et les électeurs.



La progression constante de la charge de travail des parlementaires est aujourd’hui inquiétante. Que ce soit en commission, en plénum ou dans les médias, on ne peut que constater l’augmentation de la taille des dossiers et leur caractère de plus en plus technique. Un assistant parlementaire ne suffit plus à assurer à l’élu une bonne maîtrise des sujets. Nous n’avons que 200 Conseillers nationaux, il est dommageable qu’ils ne soient pas mieux encadrés pour être toujours le plus au clair avec les questions techniques.
Un autre problème est la sous représentation des jeunes et des femmes au parlement. Par manque de moyen et d’expérience, une grande partie de la population n’est pas ou peu représentée aux chambres fédérales. Sur 200 parlementaires au Conseil national, 13 seulement ont moins de 40 ans et seulement deux moins de trente ans. Sans passer par des quotas anti-démocratiques, une solution doit être trouvée.




Les jeunes radicaux suisses présentent aujourd’hui une réponse originale à ces problèmes. Nous proposons l’élection d’un « second » Conseil national, celui des suppléants. Sur les modèles valaisans ou grisons, les suppléants auront pour rôle de remplacer les élus en commission et en plénum, selon un calendrier organisé en début de session entre les parties.
Le mode d’élection proposé est celui d’une élection sur une liste à part, pour garantir aux suppléants un plein statut d’élu pour conserver une entière légitimité à Berne.




Notre solution présente plusieurs avantages, parmi lesquels :
  • L’allègement du travail des députés et une meilleure répartition des domaines en fonction des intérêts et des compétences de chacun

  • Un rôle formateur : dans les cantons ayant adopté ce système, les jeunes sont souvent députés suppléants et ont l’occasion d’apprendre le métier en étant encadré par le groupe de députés

  • Le renforcement du rôle milicien des parlementaires

  • L’augmentation de la représentation de jeunes et de femmes au parlement. Avec 400 places au lieu de 200, les « minorités » ont plus de chance d’être élues et de montrer leur capacité.




  • Pour les jeunes radicaux suisses, il est urgent de redéfinir le fonctionnement de notre parlement afin d’éviter de tomber dans les travers que connaissent certains pays qui nous entourent. Pour que le parlement soit fort, il doit être efficace. Les dossiers prennent trop de temps à être traités, mais on ne peut pas exiger d’un parlementaire milicien un travail à plein temps. Notre solution, originale, aura l’avantage de faire gagner le parlement en efficacité sans pour autant devenir professionnel.



    Une initiative parlementaire allant dans ce sens a été déposée ce matin au Conseil national par Christa Markwalder Bär, pour les jeunes radicaux suisses.

    mardi, 18 septembre 2007

    Idiots de tous les camps...

    Il n’est pas facile en ce mois de septembre de faire parler de soi si l’on ne placarde pas d’affiche raciste ou si l’on ne met pas le feu aux poubelles. Difficile en effet de se faire entendre dans la cacophonie ambiante sans petite phrase xénophobe. Les pavés ne valent pas mieux.

    J’ai vu la manifestation. J’ai aussi vu Christoph Blocher. Et bien entre les deux, je choisi le buffet du comptoir, qui lui n’était pas agressif et plutôt agréable. Plus sérieusement, chers casseurs, vous rendez-vous compte que votre attitude, ce soir a contribué mieux que tous les moutons noirs du monde à élire deux Conseillers fédéraux UDC le 12 décembre ? Que si vous mettiez l’énergie consacrée à détruire des poubelles à convaincre, l’UDC serait sans doute au niveau du FN français ? Votre action est inutile. Pire, elle est contre-productive. Je vous en veux, comme doivent vous en vouloir tous ceux qui luttent contre Blocher. Vos actes ne sont en rien plus acceptables que ceux du parti d’extrême droite tant conspué. Ils n’ont même pas les forces de l’ordre de leur côté.

    Chers amis socialistes, verts et autres modérés de gauche. Je crois qu’il est temps de ne plus donner de tribune aux casseurs. Pas plus qu’il n’est bon de donner d’autres tribunes à l’UDC.

    La fin de l’UDC n’est pas pour cette année, mais ne se fera pas par des manifestations. Qui ne sait pas après Mitterand nourrit l’extrême-droite autant qu’elle s’en nourrit. Elle se fera par les urnes, comme en France, où, curieusement, c’est un homme de droite qui a su castrer son extrême-droite à lui. Ce soir je suis fier d’être radical. Ni casseur, ni provocateur.

    mercredi, 12 septembre 2007

    Une mauvaise nouvelle pour les familles

    Communiqué de presse des jeunes radicaux et libéraux valaisans

    A l’heure où tous les partis prennent position en faveur des familles, les jeunes radicaux et libéraux regrettent la décision du Grand conseil valaisan de ne pas donner suite à leur postulat pour adapter le mécanisme de reconnaissance des acquis aux mères de familles pour le travail dans les crèches.

    Si tout le monde s’évertue à flatter les familles, force est de constater que seule la famille du XIXe siècle bénéficie de ces louanges : seules les listes UP, les radicaux et les libéraux parlent de la situation des familles recomposées et cherchent à trouver de vraies solutions au problème de la conciliation famille – travail.

    Notre proposition était simple : tenir compte, par un examen et une formation continue, de l’expérience des mères et pères de famille pour les considérer comme personnel qualifié pour travailler dans des structures d’accueil de la petite enfance. Si le problème n’est actuellement pas urgent aujourd’hui en Valais, les exemples vaudois et genevois nous montrent combien il est important d’aborder le problème en amont et de chercher de vraies solution à la pénurie de places de crèche qui s’annonce.

    Notre proposition permettait aussi d’aider les mères et pères de famille à se réinsérer dans le marché du travail après des années passées à élever des enfants.

    Créer des places de travail, des places de crèche et reconnaître le travail des parents, tels étaient nos objectifs. Le Grand conseil, pour deux voix, dans une vision protectionniste et à court terme a décidé que ce ne serait pas le cas. Les jeunes radicaux et libéraux en prennent bien note et regrettent cette décision.

    samedi, 8 septembre 2007

    Taxer le kérozène pour créer un réseau ferroviaire européen à grande vitesse

    Publié dans "Le Temps" du 7 septembre 2007, p. 29
    Pour le Groupe de Riencourt (www.groupe-riencourt.ch)

    À l’heure où le réchauffement climatique occupe bon nombre d’esprits, il est important de remettre sur la table la question du trafic aérien. Le développement impressionnant des compagnies low-cost a provoqué une augmentation fascinante des vols continentaux, aux dépens de l’environnement naturel mais aussi culturel. Le Temps revenait au mois d’août sur la question de hordes d’anglais dévastant les cités de l’Est et du Sud, profitant de voyages à prix dérisoires.

    Depuis longtemps déjà, l’Etat prélève un nombre considérable de taxes sur les carburants. Cet argent finance les dépenses routières, mais aussi ferroviaires. Le mazout, lui aussi, est ponctionné. Le but de ces divers impôts est aujourd’hui évident : diminuer notre consommation d’énergies fossiles à l’heure où les réserves de pétrole sont de plus en plus remises en question pour les années à venir. Toutes les énergies fossiles ? Non. Seul le trafic aérien échappe encore au principe du « pollueur payeur ». En effet, si la benzine est taxée, ce n’est pas le cas du kérosène qui abreuve nos avions. Cette situation s’explique par le caractère en général international des vols et d’une vieille volonté protectionniste de soutenir des compagnies nationales aujourd’hui soumises à la loi du marché. S’il paraissait normal pour les Etats de protéger leurs compagnies nationales, ce principe est aujourd’hui désuet : Genève vit grâce à Easyjet, Swiss est devenue allemande, les grands acteurs fusionnent et se privatisent.

    Cette situation est assez paradoxale. Pourquoi offrir un rabais fiscal au transport le plus polluant ? Il est temps que l’Union européenne et ses partenaires (parmi lesquels la Suisse) prennent la décision de soumettre les vols continentaux à une taxe européenne. Un vol de Genève à Paris coûte aujourd’hui moins cher que le même trajet en train. Cette situation serait sans doute quelque peu modifiée si les voyageurs aériens contribuaient de manière égale aux conducteurs à la protection de l’environnement. Loin de moi l’envie de condamner le trafic aérien. Seulement de le payer à son vrai prix. Est-il normal que l’on trouve des vols aller-retour pour New-York pour moins de 600 francs ? Par la route, avec une petite voiture neuve, selon les tarifs du Touring Club Suisse , le même trajet ne coûterait pas moins de 3'000 francs aller simple ! Et pourtant, la voiture pollue bien moins au kilomètre. Je ne parle même pas du train.

    Et dans le fonds, à quoi servira cette nouvelle taxe, hormis la diminution du trafic aérien ? Le XIXe siècle fut le siècle des chemins de fer. Les grandes lignes qui traversent l’Europe sont le fruit du courage de nos aïeux qui avaient compris que ces investissements faramineux serviraient longtemps. Nous devons la ligne Genève – Zurich à des visionnaires, pas à de simples comptables. L’Union européenne a aujourd’hui l’occasion de mettre à jour ce grand projet. L’argent issu de la taxation du kérosène doit servir à la réalisation d’un véritable réseau continental à grande vitesse. Si l’avion devient plus cher, une alternative doit être proposée. Certains pays ont déjà construit leur propre réseau, la France et l’Allemagne par exemple. L’Espagne s’y est mise récemment. Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure et de développer les grands axes internationaux. Une liaison vraiment rapide doit être développée entre la France et l’Espagne et, prioritairement, en direction des pays de l’Est. Zürich – Vienne, c’est aujourd’hui environ 9 heures de train pour un peu plus de 700 Km. Soit une moyenne d’environ 80 Km/h. Si aujourd’hui relier à haute vitesse Paris et Budapest en passant par Zurich, Munich et Vienne semble accessoire, je suis persuadé que ce genre de liaison prendra toute son importance dans 10 ou 20 ans. De même, une LGV (Ligne à grande vitesse) entre Madrid et Paris, une autre entre Paris et Tallin via Berlin et Varsovie sont autant de projets qui réduiront un tant soit peu les grandes distances qui séparent les capitales européennes. Il est intéressant à constater que le remplacement de trois lignes « Paris – Toulouse » par trois ligne TGV permet d’économiser annuellement environ 8 millions de litres de pétrole. Ce chiffre me donne le tournis et je crois dur comme fer que la lutte contre le réchauffement climatique passera nécessairement par une diminution des vols continentaux.

    La Suisse a un rôle important à jouer dans ce domaine. Au centre de l’Europe, nous pouvons tirer notre épingle du jeu en travaillant à ce que notre pays soit un centre névralgique du trafic ferroviaire européen. L’absence de vision des dirigeants du secteur est aujourd’hui affligeante. S’il est tout à fait acceptable de voyager de Genève à Zurich en 2 heures et demie, il est dommageable qu’à distance égale, aller de Zurich à Paris prenne trois fois plus de temps sur le sol Suisse que sur le sol Français. Certes, ces investissements représenteront un coût considérable, tout comme les Chemins de fer fédéraux ont nécessité de grandes dépenses. Ce sont pourtant des investissements qui serviront dans les décennies à venir, d’autant plus si le coût du pétrole continue son envolée. Nous devons développer un réseau à grande vitesse en Suisse orienté vers l’international en collaboration avec nos voisins allemands, français, autrichiens et italiens. Notre réseau CFF très dense ne justifie plus l’absence de LGV en Suisse. Non pas pour relier les Suisses entre eux, mais pour relier les Suisse à l’Europe.

    Mon idée est simple. Taxer enfin le trafic aérien d’une manière équitable pour mieux développer le réseau ferroviaire. Ces dépenses seront de vrais investissements qui serviront à plusieurs générations et offriront une alternative crédible à l’avion. Quand on sait que les 17 principales destinations desservies par l’aéroport de Roissy et Orly sont 12 villes d’Etats frontaliers à la France et 5 villes françaises, on peut se demander s’il n’y a pas là un vrai travail pour l’environnement à mener…

    samedi, 1 septembre 2007

    Ne plus rester muet

    De Genève à Constance, la campagne électorale fait désormais rage. Rage est vraiment le mot vu le dérapage généralisé face auquel nous restons impuissants. UDC. Ces trois lettres reviennent inlassablement et, malgré la règle qui veut que l’on doit s’abstenir de parler de l’adversaire pour ne pas lui faire de publicité gratuite, il n’est aujourd’hui plus possible de rester muet.

    Affiches racistes, propos xénophobe, menace du chaos, théorie du complot, tout porte à croire que le parti agrarien s’est mué en une nébuleuse fascisante. Je suis de droite. Je ne peux cependant pas cautionner un tel langage, une telle manière d’agir. La fin ne justifie pas tous les moyens : plonger le pays dans un débat stérile et agressif pour gagner quelques poussières de pourcentage n’est pas digne de nous. Même l’ONU s’en inquiète. Il n’y a pas de quoi être très fier…
    Le 12 décembre, la nouvelle Assemblée fédérale élira le Conseil fédéral, et je ne peux qu’espérer que nos élus ne choisiront plus le zurichois. Il n’y a pas de grand complot, il n’y a qu’un grand ras-le-bol. Christoph Blocher est au pouvoir. L’UDC n’est plus un parti d’opposition. Les démocrates du centre doivent en prendre acte et agir avec responsabilité. Au delà du néant de l’action politique, le bilan de cette législature est désastreux. A part quelques annonces, les problèmes sont restés les mêmes, peu de solutions ont été trouvées. L’UDC n’a pas su agir de manière responsable. Blocher, pourtant au pouvoir, n’a pas su endiguer la fameuse insécurité. Elle agit tel un franc tireur dans un parlement pourtant largement dominé par les partis bourgeois.

    Non, Christoph Blocher n’a décidément pas sa place au gouvernement. Si l’UDC se moque de la concordance, elle ne peut pas l’invoquer pour justifier sa place au Conseil fédéral. Si l’UDC veut conserver ses deux sièges, elle doit arrêter son spectacle nauséabond pour faire de la politique ou obtenir la majorité absolue des sièges au parlement. Je compte sur ceux qui seront élus pour mettre fin à ce cirque et pour que notre Etat puisse enfin reprendre sereinement les grandes réformes dont il a besoin. On nous dit : Blocher ou le chaos, je veux bien prendre le risque de revenir à ce chaos qui a duré 155 ans, de 1848 à 2003…

    mardi, 21 août 2007

    Voter Blocher ?

    En tant que candidat au Conseil national, je peux m’amuser à rêver d’une improbable élection. Le 12 décembre, je siégerai à Berne pour élire le Conseil fédéral. En fin de matinée, une question cruciale se posera : dois-je voter Blocher ?

    Il y a quatre ans, j’aurais voté Christoph sans aucun complexe : l’UDC réussissait un coup de maître aux élections, C. Blocher était le meilleur représentant de 27% de la population et l’idée de concordance l’exigeait. En plus, le monsieur avait pris des engagements en matière de collégialité.

    Quatre ans se sont bientôt écoulés et je suis très déçu du nouveau Conseiller fédéral. Christoph Blocher ne s’est jamais gêné de violer la collégialité, il s’est battu contre le gouvernement lors du vote sur Schengen, il a violé certains grands principes du droit suisse, il a remis publiquement en question l’article pénal sur le racisme. Dernièrement, il s’est permis de mentir à la population en lui faisant croire que la Suisse pouvait se démarquer du droit international, qu’il ne s’agissait là qu’un joujou d’une poignée de fonctionnaires bruxellois. Le populisme, ça va un moment, mais de la part de notre ministre de la justice, c’est une attitude un peu trop légère.
    Deuxième problème : son parti. On sait que le Conseiller fédéral ne s’est pas démarqué des frasques honteuses de sa machine, notamment en matière de minarets et sur la dernière affiche qui est carrément raciste. L’UDC est même présentée aujourd’hui comme un modèle par les partis fascisant d’Europe. Non, vraiment, ce n’est pas mon image de la Suisse.
    Enfin, analysons le bilan. A peu près nul. L’UDC insiste sur l’insécurité en soi-disante progression perpétuelle. Or, n’oublions pas que le premier chef de la police et de la justice en Suisse, c’est son Christoph Blocher préféré… Tout ce que le parti agrarien dénonce, c’est finalement ce qui ressort de la chasse gardée de son nouveau Conseiller fédéral. Il y a bien eu quelques économies par-ci, par-là, mais dans le fonds, rien de véritablement substantiel.

    Un coup à droite, un coup à gauche. Je ne voterai pas non plus pour Moritz Leuenberger. Quels sont ses dossiers ? Energie, environnement, télécoms, transports publics. Tous ces dossiers nécessitent des réformes en profondeurs pour les décennies à venir et j’ai l’impression, la certitude même, que rien a été fait lors de cette dernière législature. Le bilan est trop maigre.

    Bref, si j’étais élu le 21 octobre, je ne voterai ni pour Christoph Blocher, ni pour Moritz Leuenberger. Ces deux messieurs n’ont cependant aucun soucis à se faire. Je ne pourrai voter sans doute ni pour eux, ni pour personne d’autre.

    jeudi, 16 août 2007

    Taxer le kérosène

    Les taxes sur les carburants sont nombreuses. L’essence rapporte une somme considérable à l’Etat. Cet argent finance les dépenses routières, mais aussi ferroviaires. Seul le trafic aérien échappe encore au principe du « pollueur payeur ». En effet, si la benzine est taxée, ce n’est pas le cas du kérosène qui abreuve nos avions. Cette situation s’explique par le caractère en général international des vols et d’une vieille volonté protectionniste de soutenir des compagnies nationales aujourd’hui soumises au loi du marché.

    Cette situation est assez paradoxale. Pourquoi offrir un rabais fiscal au transport le plus polluant ? Il est temps que l’Union européenne et ses partenaires (entre autres la Suisse) prennent la décision de soumettre les vols continentaux à une taxe européenne.

    Le 19e siècle fut le siècle des chemins de fer. Les grandes lignes qui traversent l’Europe sont le fruit du courage de nos prédécesseurs qui avaient compris que ces investissements faramineux serviraient longtemps. Je pense qu’il est temps que l’Union européenne mette à jour ce grand projet. L’argent issu de la taxation du kérosène doit servir à la réalisation d’un véritable réseau continental à grande vitesse. Certains pays ont déjà mis en place leur propre réseau, la France et l’Allemagne par exemple. L’Espagne s’y est mise récemment. Je pense qu’il faut maintenant développer les grands axes internationaux. Un liaison vraiment rapide doit être développée entre la France et l’Espagne et prioritairement en direction des pays de l’Est. Zürich – Vienne, c’est aujourd’hui environ 9 heures de train pour un peu plus de 800 km. Soit une moyenne de 88 km/h. Si aujourd’hui relier à haute vitesse Paris et Budapest en passant par Zurich et Munich semble accessoire, je suis persuadé que ce genre de liaison prendra toute son importance dans 20 ans.

    La Suisse a un rôle important à jouer dans ce domaine. Nous devons tout d’abord nous connecter au réseau à haute vitesse des pays qui nous entourent. La nouvelle ligne TGV qui relie Paris à Strasbourg doit être aussi à grande vitesse sur le tronçon suisse. Nous devons développer un réseau à grande vitesse en Suisse et sur l’international en collaboration avec nos voisins allemands, français, autrichiens et italiens. Notre réseau CFF très dense ne justifie plus l’absence de LGV en Suisse.

    Bref, mon idée est simple. Taxer enfin le trafic aérien d’une manière équitable pour mieux développer le réseau ferroviaire. Ces dépenses seront de vrais investissements qui serviront à plusieurs générations et offriront une alternative crédible à l’avion. Quand on sait que les deux premières destinations desservies par l’aéroport d’Heathrow sont Paris et Manchester, on peut se demander s’il n’y a pas là un travail pour l’environnement à mener…

    jeudi, 9 août 2007

    Bonjour de Bratislava

    Je n'ai pas beaucoup de temps pour alimenter mon blog pendant ces vacances... Juste un petit bonjour de Bratislava avant de partir pour Cracovie. Je voyage avec mes freres, c'est vraiment une chance d'en avoir deux :-)

    vendredi, 3 août 2007

    J'adore !

    A ne pas manquer, le discours de 1er août de M. Jean-Luc Addor, un tout grand politicien qui fait avancer le pays et qui puise ses sources dans "Femina". J'ai droit à une pique personnelle. Paraît-il qu'elle était plus méchante en live, je n'étais pas là pour le dire.

    PS: Il va de soi que ce message n'est pas à prendre au premier degré.

    vendredi, 27 juillet 2007

    Droit du sol: Merci Pascal !

    Quatre ans après un coup un peu raté sur l’AVS, Pascal Couchepin revient à la charge avec une proposition intelligente sur le droit du sol. Pascal Couchepin est un politicien peu aimé dans notre pays, c’est un fait. Sa plus grande qualité est de faire passer ses convictions personnelles avant les sondages d’opinion. J’insiste sur ce terme de qualité à une époque où la politique se limite de plus en plus à une application des principes émis par les manitous du sondage d’opinion.

    Pour quelle raison expulse-t-on un criminel étranger et pas un Suisse ? Au delà des aspects juridiques, l’idée est que l’étranger est en Suisse pour une période déterminée alors que le Suisse s’y est établi. Si cette distinction était aussi simple, on pourrait moralement dire aux étrangers « tenez-vous bien, vous êtes nos hôtes, ne violez pas notre droit ». Je schématise à souhait. Or, comment voulez-vous dire une chose pareille à un jeune étranger né en Suisse qui a un rapport à la Suisse aussi étroit que le vôtre ou que le miens ? Ce n’est tout simplement pas possible.

    A force de refuser d’octroyer la naturalisation à ceux qui sont les plus intégrés – soit ceux qui ont vécu toute leur vie en Suisse – on enlève toute la substance à la notion de nationalité. Pour rétablir l’équilibre, de nombreux cantons octroient le droit de vote aux étrangers et n’osent plus prononcer d’expulsion. Et c’est normal ! Si la nationalité ne permet plus de distinguer la personne intégrée de l’étranger de passage, elle ne peut plus être un critère équitable pour appliquer des mesures administratives. Si on continue de durcir les naturalisations, la nationalité n’aura pas plus de signification que le concept de bourgeoisie que les cantons abandonnent peu à peu.

    Je suis persuadé que le temps donnera raison à Pascal Couchepin. Plus on compliquera les naturalisations, moins elles auront de sens. La naturalisation n’est pas une médaille, c’est un rapport de droit entre un individu et l’Etat, et ce rapport de droit doit correspondre à la réalité des faits, faute de quoi il risque bien de devenir un élément de folklore au même titre que la prairie du Grütli ou Guillaume Tell.

    lundi, 23 juillet 2007

    Un statut de beaux-parents

    J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la question du droit de la famille dans le Code civil suisse. Si je me suis étendu sur le problème des droits successoraux, je profite de cette tribune pour parler des rapports légaux au sein de la famille.

    1907 – 2007. Un siècle de Code civil, il est peut-être temps de le dépoussiérer quelque peu. Notre droit de la famille, bien que révisé, reste conçu pour la famille du début du 19e siècle alors que les mœurs ont passablement changé, et notamment la structure familiale. Aujourd’hui 15% des familles avec des enfants de moins de 18 ans sont des familles recomposées ou monoparentales. Ce chiffre, en constante augmentation, n’est pas anodin et doit être pris en compte dans une révision des principes généraux du droit de la famille.

    Epouser quelqu’un qui a des enfants mineurs n’est pas anecdotique, et un statut de beaux-parents doit éclaircir les responsabilités de chacun. Si la plupart des situations me paraissent bien fonctionner aujourd’hui, il est important de régler les cas litigieux dans la loi, comme c’est le cas aujourd’hui pour les familles dites « traditionnelles ».

    Le statut de beaux-parents impliquerait des devoirs et des droits. Le premier de ces devoirs est la notion d’entretien. Une famille recomposée est une famille à part entière. Celui qui décide librement de la fonder doit en assumer les diverses responsabilités qui en découlent. Un devoir d’entretien subsidiaire jusqu’à la majorité ou la fin des études doit être introduit. Parallèlement, les droits découlant en matière administrative (écoles, hôpitaux, éducation, etc.), toujours de manière subsidiaire par rapport aux parents, réglera les questions litigieuses de la vie quotidienne. Une famille avec des enfants issus de parents différents ne constitue à mon avis qu’une seule famille, et pas deux comme certaines applications de notre droit pourrait le laisser penser.

    Les points à améliorer dans notre droit civil sont nombreux. Avec la question successoral évoquée précédemment et celle du statut de beaux-parents, c’est déjà un dépoussiérage bienvenu de notre Code civil qui pourrait être mis en application.

    mardi, 10 juillet 2007

    Suisse.com

    « Ca dépend des cantons ». Je ne crois pas qu’il existe de réponse plus suisse à la question d’un étranger qui s’intéresse à notre système. Cette phrase illustre à elle seul toute la subtilité de notre pays ; elle est un peu notre fierté, notre slogan national. Enfin pas toujours.
    Il y a des domaines où le fédéralisme n’est pas ce merveilleux mécanisme qui permet à l’Etat d’être au plus proche du citoyen.

    Hier, j’ai commandé un billet d’avion sur easyjet.com, j’ai payé des factures via yellownet.ch, j’ai loué un film sur dvd-fly.ch. Et je suis arrivé en retard au contrôle des habitants du Kreis 4, Stauffacher, 8004 Zurich. S’il est aujourd’hui simple de gérer l’essentiel de ses affaires grâce à Internet, l’administration reste encore très hermétique aux avantages indéniables du web.

    Il est à mon avis grand temps de mettre en place une loi fédérale sur l’administration électronique. Nous ne tirons aucun avantage des différences cantonales dans le domaine : les grands cantons peuvent se permettre d’être à la pointe, les petits sont complètement dépassés. Appliquons cela aux communes qui effectuent une part immense de l’activité administrative et on comprend l’impossibilité de proposer au citoyen le fameux guichet virtuel. Un exemple ? Consulter le registre foncier genevois sur Internet est un jeu d’enfant : tapez une adresse, vous accédez à toutes les informations publique. Côté valaisan, vous aurez droit aux horaires d’ouverture et à l’adresse du bureau. Rien de plus. ge.ch 1 – vs.ch 0.

    Je propose de donner le mandat à nos écoles polytechniques et à nos HES de construire une plate-forme que l’on imposera à tous les cantons. On ne peut pas décemment proposer 2’766 systèmes différents (soit 2’740 communes + 26 cantons) pour une tâche identique. La législature à venir doit être celle qui fera enfin entrer l’Etat dans l’ère de l’informatique. Aujourd’hui, là où même les livreurs de pizza excellent, l’Etat a une guerre de retard.

    Jacques Attali riait de l’Etat français parce qu’il ne proposait qu’un seul service électronique : la déclaration fiscale. Et bien en Suisse, même cela n’est pas possible partout. Honte à nous, pays soi-disant à la pointe de l’informatique et autres bio, nano, ou micro technologies. Nous devrions être un exemple dans le domaine : pays de l’efficacité, de l’intelligence, de l’administration proche du public. C’est tout le contraire, à vouloir préserver des différences cantonales, on a pas osé utiliser CH.CH pour réformer à fonds l’administration. Ce qui devait devenir un guichet virtuel n’est en fait qu’un bottin de téléphone. Un bottin à 18 millions, tout de même.

    dimanche, 8 juillet 2007

    Bachelor

    Et oui, malgré ma course sur monelection.ch avec Alexandre Cipola, j'ai réussi mes examens. Quelle chance... Lausanne, me revoilà.

    Contrat d'intégration

    D’où vient cet acharnement de l’ensemble – ou presque – de la classe politique à s’extasier devant de terme de « contrat d’intégration » ? L’idée semble en effet séduisante : on signe un contrat dans lequel l’étranger s’engage à suivre des cours de langue, à respecter le droit suisse, à s’intégrer au sens large, l’Etat de son côté fournit une liste de prestations parmi lesquels lesdits cours de langue.

    Là où le bas blesse, c’est que tout cela existe déjà dans la loi. La loi fixe l’obligation pour toute personne résidant en Suisse l’obligation de se conformer au droit . La LEtr permet déjà à l’Etat de dispenser des cours de langues. Les cantons sont libres d’en faire plus. Ce terme de « Contrat d’intégration » a le seul avantage d’être sexy. Un peu comme on règle les problèmes de chômage en France en renommant les ANPE par des « maisons pour l’emploi ».

    Ce qui est gênant, c’est que ce terme de contrat est quand même assez pervers. Depuis quand le respect de l’ordre juridique suisse est subordonné à son acceptation ? Depuis quand doit-on déclarer formellement que l’on s’engage à ne pas violer la loi ? Fixer ce genre d’obligations dans un contrat, c’est changer la nature même du droit fédéral, en faire une espèce de droit dispositif, applicable automatiquement à tous, sauf aux étrangers. Si la LEtr fixe que toute personne au bénéfice d’un permis d’établissement ou de séjour doit se soumettre au droit Suisse pour pouvoir rester sur le territoire, il n’est nul besoin de signer quoi que ce soit. Cela s’applique, qu’on le veuille ou non. Demander l’acceptation formelle dénature fondamentalement l’esprit de la force publique.

    L’Etat peut – et même doit – informer les nouveaux résidents de leurs droits et de leurs devoirs. Il doit tout faire pour que l’intégration des nouveaux venus se fasse le mieux possible. Mais il ne doit pas par soucis marketing remettre en question le principe fondamental que la loi est la même pour tous et que ses conditions s’application sont identiques pour un Suisse que pour un étranger. Notre droit public s’applique à toute personne se trouvant sur notre territoire. Il est dangereux de le conditionner à une signature.

    lundi, 25 juin 2007

    Fête nationale

    De retour sur la « blogosphère » après une session d’examens trop longue.

    J’ai entendu il y a quelques semaines une proposition qui m’avait laissé plutôt songeur sur le moment : changer la date de la fête nationale.
    Que fêtons nous au juste le premier août ? C’est le fameux pacte de 1291 entre les trois cantons primitifs, proclamant l’indépendance du pays. Le choix de la date a été arrêté en 1891, profitant de l’occasion de fêter le 600e anniversaire, et par nécessité d’organiser une fête nationale. La date du premier août n’est d’ailleurs pas très précise, puisque le pacte aurait été conclu « au début du mois d’août ».

    L’autre option me direz-vous. Le 12 septembre, soit la date de la Constitution de 1848 qui marque la naissance de la Suisse moderne, celle des 25 cantons (puis 26), du fédéralisme, de notre poids économique, des écoles polytechniques, puis, par conséquent, des institutions sociales, des CFF, et j’en passe. C’est aussi la date de la réconciliation (un peu forcée) entre catholiques et protestants après notre guerre civile.

    De ces deux dates, je choisi le 12 septembre. Fêtons-nous un pays de trois cantons, qui n’est pas vraiment encore un pays, fondé sur une alliance essentiellement militaire et dans un esprit de rejet de l’étranger ; ou la naissance d’un Etat fédéral moderne avec toutes les institutions que cela comporte ?
    C’est aussi l’occasion de nous éloigner de certains mythes qui font le bonheur des mouvements d’extrême droite. La Suisse est indépendante, mais ce n’est vraiment pas sa première qualité.

    Si le sujet n’est pas primordial, je pense qu’il mérite malgré tout d’être discuté. Une petite anecdote amusante pour la fin. Savez-vous que les trois cantons primitifs ont refusé les trois constitutions de la Suisse moderne (1848, 1874, 1999) ? Ceux qui ont fait le 1er août n’ont jamais voulu de la Suisse moderne.

    jeudi, 7 juin 2007

    Révisions


    Je révise au bord de la plage, à Arcachon, avec la femme de ma vie à sens unique. Je
    vais rien écrire ni enregistrer jusqu'à mes vacances, soit dans deux semaines. A moins que j'en aie vraiment marre de la LP.

    A+

    jeudi, 31 mai 2007

    En direct du forum des 100


    Les modalités ont commencé, j'ai mis mon uniforme. J'apprend que l'on est à l'université, qu'il y a plein d'étudiants et que si l'on veut sortir de l'auditoire, nous devons être discrets. Ca change pas tant des jours où il y a un cours.

    On voit plein de têtes connues, c'est amusant, mais c'est surtout très mondain. Bon, je vous laisse, je vais faire le paon un moment, une petite photo pour la forme.

    jeudi, 24 mai 2007

    Bus de campagne


    Désormais, on a un bus de campagne. Vous pourrez le découvrir tout au long de l'été et jusqu'au 21 octobre dans votre village valaisan, pour cela, consultez le calendrier sur up2007.ch !

    En primeur, une petite photo !

    mercredi, 23 mai 2007

    Intégré


    Après presque 8 mois de vie zurichoise, j'ai enfin franchi le pas de l'intégration !

    Entre deux chapitres du célèbre "Die Grundlagen des Sachenrechts und das Eigentum" de Heinz Rey, j'ai franchi l'étape de l'acquisition du sac Freitag. Bref l'intégration, c'est pas donné, mais je peux désormais me ballader fièrement entre Langstrasse et Bellevue, je me fonds dans le paysage !

    Ecologie libérale et les vaudois




    Je tente le coup du vidéocast avec ma webcam. On verra ce que ça donne !

    mercredi, 9 mai 2007

    Citoyen à 16 ans, responsable à 18 ?

    On parle beaucoup du droit de vote des jeunes de mois de 18 ans. C’est à mon avis une solution excellente pour détourner le débat de sa question centrale : comment enrayer le désintérêt croissant de nombreux citoyens de la vie politique.

    Je m’offusque de l’argument qui voudrait que l’on compense le vieillissement de la population par une augmentation de la tranche de jeunes votants. Si plus de personnes âgées votent, c’est parce qu’elles sont plus nombreuses, cela va de soi. Cela n’est pas un mal en soi, c’est simplement la représentation de la population, principe assez important en démocratie. On pourrait aussi imaginer d’autoriser le vote des jeunes dès 5 ans dans les régions romanches pour compenser la diminution de la population parlant la quatrième langue nationale…

    Pour moi, le droit de vote s’accompagne du droit l’éligibilité. Or, je trouve un peu paradoxal d’imaginer qu’un jeune de 17 ans puisse siéger à l’exécutif d’une commune, voter des millions de francs de budget sans être pour autant habilité à signer un contrat d’abonnement téléphonique pour lui-même.

    Le droit de vote implique une grande responsabilité. Je pense qu’il n’est pas sain de différencier les droits et les devoirs. C’est là un coup marketing socialiste, peu réfléchi. Laissons plutôt aux jeunes ces deux années, de 16 à 18 ans, pour apprendre les mécanismes de la politique et la comprendre. La politique n’est pas innée, elle prend du temps pour être appréhendée. Le gros problème n’est pas l’âge de la majorité, mais la compréhension qu’a la population de notre politique. Et avec 50% d’abstention aux votations, c’est ce problème là qui mérite le plus d’attention.

    jeudi, 3 mai 2007

    Droit de recours: le Conseil Fédéral a raison

    La presse s’en est donnée à cœur joie contre la décision du Conseil Fédéral de soutenir notre initiative sur le droit de recours. Depuis hier après-midi, j’ai tout entendu. Petit tour d’horizon.

    Sur la TSR, on a osé mettre sur un même pied la défense du droit de recours et la lutte contre le réchauffement climatique. Cette comparaison est fallacieuse, on ne saurait lier quelques projets en Suisse et le réchauffement global. J’ai de la peine à comprendre comment la protection du grand Tétras est liée à la production de CO2 dans le monde… J’imagine que l’argument est le même que celui servi par Ségolène Royal hier soir : tout est lié. Facile mais un peu faible.

    Dans le Temps, on peut lire que la position sent l’électoralisme et la sauvegarde d’intérêts privés. C’est tout le contraire. Cette initiative a été menée en dehors des combats électoraux, et c’est un hasard du calendrier si c’est aujourd’hui qu’elle arrive sur le tapis, contrairement au PS qui lance une initiative fiscale avec le but avoué de récolter les signatures pour les élections fédérales.
    Il est aussi faux de prétendre que notre initiative vise la sauvegarde d’intérêts privés. Le droit de recours qui sert aujourd’hui les positions des associations de protection de l’environnement, qui n’ont pas nécessairement toujours raison. Trente association ont un droit que personne d’autre n’a : le droit de s’auto proclamer seul avocat de la nature et de la défendre comme si elles étaient elle-même touchées.

    L’aménagement du territoire est une des tâches principales de l’Etat. Chaque projet aura un effet sur l’environnement, c’est certain. Mais le choix entre construire et ne pas construire doit relever de la politique et non pas de la justice. Il n’est pas normal que l’aménagement du territoire soit l’affaire des juges : il s’agit là de décisions d’opportunité. Est-il plus opportun de conserver 55 hectares de terres agricoles à Galmiz – dans un canton qui en compte plus de 100'000 – ou d’installer une entreprise amenant 1'500 emplois ? Notre initiative ne répond pas à cette question. Elle dit simplement que ce genre de décision n’est pas l’affaire des associations et de la justice, mais du pouvoir politique, qu’il soit parlementaire, exécutif ou populaire.

    Ces décisions sont des décisions très importantes, elles influencent notre avenir et relèvent d’un choix de société. Dans une démocratie, ce genre de choix de société doit être dans les mains de l’Etat, pas dans celles de quelques associations privées. L’Etat doit d’ailleurs être renforcé sur la question, étudier et décider en connaissance de cause. Il ne s’agit pas d’un combat entrepreneur contre écologiste, mais de redéfinir comme tâche de l’Etat la gestion de notre territoire.

    Enfin, je m’offusque de la position de Moritz Leuenberger, si peu enclin à respecter le principe de collégialité. On a accusé à juste titre Christoph Blocher de violer les règles du jeu en prenant par exemple position contre Schengen. Cette règle vaut aussi pour les socialistes, qu’on le veuille ou non.

    mercredi, 2 mai 2007

    Une première victoire !

    Merci au Conseil Fédéral qui a décidé de changer sa position et de soutenir notre initiative sur le droit de recours des organisations.

    Contrairement à son premier message, le CF s'est rendu compte que le contre-projet n'était qu'un emplâtre sur une jambe de bois et qu'il était urgent de redonner à l'aménagement du territoire son caractères plus politique que judiciaire. Espérons que ça dure !

    lundi, 30 avril 2007

    Naturalisation

    Pourquoi suis-je Suisse ? Juridiquement, parce que mes parents le sont. Mais je crois que je suis Suisse avant tout parce que j’aime mon pays, que j’y vis et que j’y construis ma vie. Ma nationalité n’est pas une médaille que je porte fièrement autour du cou. Ma nationalité, c’est un rattachement à une communauté, à une nation.

    On parle aujourd’hui beaucoup d’intégration des étrangers. Comment expliquer que 20% de notre population est constituée de personnes qui n’ont pas le droit de se mêler de la vie publique, qui ne peuvent participer aux débats de notre Etat ? Nos lois sont trop restrictives, car elles aboutissent à vider de sa substance le concept de nationalité. Celui qui vit en Suisse depuis des années, et qui décide d’y faire sa vie doit devenir Suisse, il n’y a pas d’alternative. Je rejette catégoriquement cette idée qu’il y a deux catégories de citoyens dans notre pays. Ceux qui ont une relation à la Suisse, par le travail, par la vie sociale ou encore par la langue, doivent pouvoir bénéficier de la nationalité helvétique. Mais ceci n’est pas seulement un droit, c’est à mes yeux aussi un devoir. On ne peut pas vivre avec un pays, être membre d’une communauté et en rester juridiquement à part.

    Le peuple suisse a refusé les naturalisations facilitées. Grave erreur, on dénature aujourd’hui complètement les droits et les devoirs qui s’y rapportent. Comment parler d’expulsion du territoire des étrangers criminels quand ces étrangers ont plus d’attaches à la Suisse que vous et moi ? Comment refuser le droit de vote aux étrangers quand ces mêmes étrangers sont, dans la vie de tous les jours, l’équivalent de vrais citoyens ? Nous devons revenir sur cette idée que notre nationalité est une récompense. Elle n’est que l’expression d’un choix de vie, d’un choix de lieu de vie.

    J’entends déjà les discours dégradants des extrémistes, fiers de quelque chose qu’ils ont acquis à la naissance, fiers de disposer de droits que leur voisin n’a pas.

    Nous devons revoir de fond en comble notre système de naturalisation. Elle doit être pensée comme la reconnaissance de la décision d’une personne à vivre dans notre communauté, et moins comme la médaille qui récompense arbitrairement une assimilation à notre culture. Trouvez-vous normal que le réfugié qui a passé plus de temps dans notre pays ne puisse pas comptabiliser ses années de « réfugié » comme des années passées dans notre pays ? Trouvez-vous normal que de gens naissent et meurent dans notre pays restent rattaché à un pays lointain, presque inconnu ? Ceux qui le pensent, ceux qui croient à ces nationalité fictives n’ont rien compris au sens de la nationalité. La nationalité est un droit, mais elle est aussi un devoir. Nous pourrons alors parler d’intégration.

    dimanche, 29 avril 2007

    Forum des 100

    Youpie ! L'Hebdo m'a invité au Forum des 100, ça va être passionnant. Nicolas Hulot, Micheline Calmy-Rey, Alexander Zehnder, que du beau monde :-)

    Mais le plus beau, c'est à 12:30, "Buffet". Vivement les petits gâteaux !

    jeudi, 26 avril 2007

    L'UDC est à la masse

    Quelle mouche a bien pu piquer les UDC qui lancent l’initiative pour interdire la construction de minarets en Suisse ? Il existe aujourd’hui deux minarets en Suisse et quelques projets sont actuellement à l’enquête : on n’est pas vraiment en présence d’un gros problème.

    Il existe en Suisse des milliers de musulmans. Selon l’UDC, le minaret est le moyen d’appliquer la loi coranique dans notre pays… Je ne comprends vraiment pas le dixième de leur argumentaire. En qui l’érection d’un bâtiment peut-elle bien modifier le droit appliqué dans notre pays ? Est-ce que Disneyland a imposé le droit américain en France ? Cette fois, je pense profondément que l’action de l’UDC est purement raciste, je ne vois pas comment l’expliquer autrement. Tant que la construction d’un minaret est conforme au plan de zone et aux divers règlements, et quoi peut-il être plus nocif qu’un horrible centre commercial Médiamarkt ?

    Je n’ai encore pas eu vent d’un quelconque terrorisme qui soit né à cause d’un minaret. En revanche, les initiatives racistes peuvent crisper les esprits et mener à l’intégrisme le plus détestable. L’UDC cherche visiblement à mettre de l’huile sur le feu, invente des problèmes pour mieux stigmatiser les musulmans pratiquants de notre pas. Cher Monsieur Freysinger, malgré votre attachement à la foi chrétienne, il est encore permis d’être musulman en Suisse, et même pratiquant. Un minaret pourrait pourtant vous servir de paratonnerre et éviter que vous receviez trop souvent la foudre, comme aujourd’hui.

    mercredi, 18 avril 2007

    Munitions et traditions

    À l’heure où la commission de sécurité du Conseil des Etats propose la fin de la conservation des munitions militaires à domicile, de quelques voix conservatrices crient au viol des soi disantes traditions qui font le Sonderfall.

    Après le souvenir d’une conférence du Pr. Martin Killias à l’UNIL et quelques vérifications, je peux affirmer haut et fort que la distribution des munitions ne constitue pas une tradition helvétique. C’est en 1940 lors de la démobilisation partielle de l’armée suisse, que l’état-major a pris la décision de délivrer quelques balles à chaque soldat de retour à la vie civile afin de résister à l’envahisseur dans un temps record en cas de guerre.

    À la fin de la guerre, ces munitions ont été retirées et si le soldat gardait toujours son arme de service, il n’avait plus de quoi l’alimenter. Au début des années 1950, avec les divers coups d’Etat est européens, la décision fut prise de reprendre la distribution de la munition. Les forces du pacte de Varsovie planifiaient d’envahir l’Europe occidentale en trois jours, il fallait que nos soldats soient à même de se battre dès la première minute de la guerre.

    On voit ainsi que les munitions sont traditionnellement données aux citoyens lorsqu’une menace concrète plane sur le pays. Qui peut aujourd’hui affirmer qu’il existe un risque comparable à ceux de la guerre froide et de la seconde guerre mondiale ? Personne. La tradition veut par conséquent que l’on retire cette munition, dont le seul résultat, pour les citoyens qui ne pratiquent pas de tir récréatif, est au mieux nul, au pire la mort. Je salue donc la sagesse de la commission des Etats.

    lundi, 16 avril 2007

    Candidature au CN




    Samedi, les jeunes radicaux et les jeunes libéraux ont présentés leurs candidats, en fait treize sur les quinze qui soutiendront les listes en octobre.

    Après quatre ans de travail dans tous les domaines, par le biais d’initiatives fédérale et cantonale, de motions et postulats et d’actions politiques permanentes, nous tentons le grand saut en présentant trois listes de jeunes au Conseil National.

    Quinze candidats, répartis sur trois listes (Chablais & Région, Martigny & Région et Centre) pour couvrir tout le canton et permettre à des jeunes de se faire connaître et, surtout, de défendre nos idées au plus proche des gens.

    Bref, nous n’avons pas fini de vous casser les pieds, du moins jusqu’en octobre !

    Les candidats, par liste:
    Chablais & Région: Emilie Chaperon, Fabien Lafarge, Philippe Nantermod, Damien Petrucci, Damien Roch
    Martigny & Région: Michaël Hugon, Julien Monod, Samuel Nanchen
    Centre: Léonard Bruchez, Cédric Cagnazzo, Mathieu Fardel, Nicolas Huser, Laura Salamin

    Pour plus d'infos: www.up2007.ch !

    mardi, 10 avril 2007

    Sondages contre scrutin majoritaire

    Je termine à l’instant l’écoute en Podcast de l’émission « Histoire Vivante » de la semaine passée consacrée aux élections présidentielles françaises, et plus particulièrement aux sondages.

    On imagine tous que Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royale pourront être présents au second tour des élections, nul besoin de sondage pour cela. Il y a une grande différence de mon point de vue quand un « petit » candidat voit sa côte de popularité monter dans les sondages. Si François Bayrou restait à 10% des intentions de vote ou qu’il ne soit même pas représenté dans les sondages, je suis persuadé qu’il n’aurait jamais vu le mouvement en sa faveur se créer.

    Les sondages ont montré qu’une percée du petit candidat était possible, le rendant du même coup crédible pour l’élection. Or, les sondages sur le second tour le donnent gagnant contre les deux favoris du premier. Cet élément lui donne une crédibilité gigantesque pour les anti-ségo et les anti-sarko. Le vote de rejet d’un des deux candidats, qui peut s’expliquer de différentes manières, mène alors à voter pour François Bayrou dans la seule intention de faire barrage à un candidat d’un des grands partis français.

    Je ne crois pas que c’est le discours du candidat centriste qui explique sa poussée dans les intentions de vote, mais seulement sa poussée elle-même qui s’auto alimente. Le résultat est tout de même surprenant : on voit un cinquième, voire un quart, des Français prêts à soutenir un candidat sans avoir cure de son programme électoral mais prioritairement pour son résultat dans les enquêtes d’opinions.

    Dans ces conditions, on peut se dire que le sondage remplace réellement la politique d’idées et montre, avant tout, les faiblesses du scrutin majoritaire à deux tours. Ce genre de scrutin, avec une barrière à l’entrée au second round, n’est peut-être plus valable dans un monde « sondagisé » où la qualification pour le deuxième tour est conditionnée par les enquêtes d’opinions. Comme on dit dans le milieu, « si la tendance se poursuit », seules les élections proportionnelles garderont leur intérêt politique. J’en suis malheureusement persuadé.

    dimanche, 8 avril 2007

    Joyeuses Pâques

    Juste un petit mot pour souhaiter à tous une excellente crise de foie au Chocolat (avec une majuscule) et de joyeuses Pâques!

    mercredi, 4 avril 2007

    Quel pays !

    On vit quand même dans un pays bizarre... Pour 60 kilomètres de voie ferrée, il faut des plans d'investissement sur 30 ans alors que la voie en question est une des plus rentables de Suisse.

    Franchement, on pourrait pas de temps en temps montrer un peu plus d'audace quand il s'agit d'investir dans des choses aussi importantes que les transports publics ?

    mardi, 3 avril 2007

    Les montagnes à vendre, la faute à qui ?

    Infrarouge lance ce soir un débat intéressant sur la vente de nos Alpes aux étrangers. On peut s’inquiéter du fait que de plus en plus de mètres carrés sont bâtis dans les montagnes pour servir prioritairement d’investissement immobilier. Des mesures doivent être prises, Jean-Michel Cina tente le coup, on peut féliciter son courage.

    Sur le forum de l’émission, on peut lire certains capitalistes affichés se montrer soudainement pro écolo quand il s’agit de ne pas accepter les méchants colons britanniques et bloquer les nouvelles constructions. Attitude compréhensible, évidemment, mais pas très conséquente.

    Nos stations de ski doivent pouvoir fonctionner plus qu’un week-end par semaine, donc loger les touristes. Or, ce n’est pas la place qui manque, mais la place disponible. Trop de logements de haute altitude sont vides mais pas pour autant disponibles. Ceux qui possèdent un bien immobilier en station de ski ne devraient pas payer de taxe de séjour, mais plutôt une taxe de non-séjour. En effet, la valeur de leur bien ne dépend que de la station qui est autour. Croyez-vous que les terrains bagnards vaudraient autant sans Verbier ? Et pour que Verbier vive, il faut du monde pour l’occuper, pour y consommer, pour y passer du temps. Une taxe perçue pour les jours de haute saison durant lesquels les logements ne sont ni occupés ni loués permettrait de faire participer les propriétaires absents à la plus-value de leur bien et les encourager à louer pour le bonheur de l’économie de la région.

    En schématisant, nous avons deux solutions : proposer 3'000 lits chauds ou en construire 30'000 pour n’en occuper que 10% en même temps. Je préfère de loin la première solution, mais pour cela il faut louer les lits existants. Sans cela, les mesures contre la construction ne serviront qu’à bloquer l’économie touristique.

    jeudi, 29 mars 2007

    Gaspillages militaires

    Qu’est-ce qui uni les jeunes de 20 à 30 ans lorsqu’ils cherchent à étaler des anecdotes marrantes ? L’armée, très souvent. Je n’y ai pas participé, je n’ai donc pas de petites histoires salaces, mais je suis toujours amusé d’écouter les réaction de ceux qui ont servi le pays sous les drapeaux. Amusé n’est peut-être pas le terme adéquat, dans le fonds. Je dirais plutôt horrifié, en tant qu’apprenti politicien et en tant que contribuable (ben oui, je dois bien payer la taxe militaire…).

    Combien d’entre vous ont entendu ces fameuses histoires où l’on fait tourner en rond des camions à vide pour conserver les quotas de benzine d’une année à l’autre, des histoires de munitions gâchées pour justifier les enveloppes budgétaires, sans compter les nombreuses dérives racistes qui ne sont pas toutes filmées. Un petit tour sur YouTube, en tapant « Swiss Army » et on découvre que notre armée dite de paix s’amuse surtout à jouer à la guerre.

    Alors que tous les départements fédéraux sont mis sous pression budgétaire, que l’on fait des efforts partout pour éviter une surconsommation d’essence à une époque de réchauffement climatique et de pétrole cher, on découvre que l’armée, sans aucune gêne, gaspille matériel et argent presque publiquement. On me dira que l’armée a déjà fait d’énormes sacrifices depuis la chute du mur. Je répondrai : pas assez. Effectivement, si on a encore les moyens de tirer, pour rire, des obus qui valent le salaire mensuel d’une caissière de supermarché, on a encore trop de moyens.

    L’armée ne doit pas être un jouet. Les Suisses veulent conserver leur armée, très bien. Mais alors ayons au moins la décence vis-à-vis de ceux qui la paient d’offrir plus qu’un jeu de simulation de guerre grandeur nature. L’investissement est important. Un petit calcul nous montre que ce qui a été investit dans l’armée ces 15 dernières années correspond à 70 % de la dette publique de la Confédération !
    Ce qui me scandalise le plus, c’est qu’il semble que tout le monde est plus ou moins au courant de certains dérapages de la grande muette, et qu’encore aucune véritable autorité de surveillance ne soit mise en place pour stopper ces abus. J’espère que nos parlementaires cet automne oseront prendre le taureau par les cornes et demander des comptes à nos militaires.

    mardi, 27 mars 2007

    Le temps passe...

    J'ai 23 ans. Que le temps passe vite... Combien de temps je vais encore pouvoir jouer la carte jeune pour rester un politicien intéressant ? Faudra que je trouve autre chose bientôt. Si vous avez une idée, donnez-la moi ;-)

    mercredi, 21 mars 2007

    Merci !

    Voilà, c’est fait ! Le congrès des jeunes radicaux suisses s’est bien tenu à Morgins, avec la présence massive des jeunes radicaux romands et alémaniques. Le samedi soir, nous avons présenté à grands fracas notre campagne électorale pour les élections de 2007 devant environ 250 personnes, avec le soutien de Pascal Couchepin, Claude Ruey ou encore Léonard Bender, sans oublier Jean-René Germanier qui a ouvert les feux au sommet de la Foilleuse dans l’après-midi. J’ai même été élu vice-président des jeunes radicaux suisses :-)

    Qu’est-ce que cette campagne a de particulier ? Les jeunes radicaux et leur allié les jeunes libéraux sont devenus en quatre ans une force de proposition bientôt incontournable en Valais. Plusieurs initiativites, postulats, motions, réactions ont rythmé la vie politique cantonale et ont sans doute ajouté un peu de fraîcheur au débat. Il est temps que cela se reflète lors d’une véritable élection. Au menu ? Trois listes, un nom nouveau « UP », et une communication franchement nouvelle. Pas convaincu ? Visitez sans plus attendre notre nouveau site internet, www.up2007.ch !

    Le 14 avril, nous présenterons nos candidats, la campagne est en attendant lancée, mobilisons-nous, mobilisez-vous pour montrer que tout ce travail n’a pas été vain et que les Valaisans savent reconnaître une équipe de jeunes dynamiques qui veulent vraiment améliorer les choses. Vous le valez bien, et nous aussi !

    lundi, 19 mars 2007

    Energies: quelle alternatives ?

    2%. C’est l’augmentation annuelle de notre consommation électrique. Cela correspond à la production du barrage de Monvoisin. A ce rythme-là, et sachant que nos centrales nucléaires n’ont pas une durée de vie illimitée, nous risquons de nous trouver dans une situation de pénurie dès les années 2015-2020. Moins de dix ans, c’est ce qui nous reste pour trouver une solution, sachant que la réalisation de ces solutions risque de prendre plus de temps que cela… Les possibilités sont diverses, pas forcément contradictoires, mais controversées.

    La première, mise en avant curieusement par les autoproclamés défenseurs de l’environnement, vise à utiliser le gaz pour la période de « transition », sans trop savoir en quoi concerne concrètement cette transition. Bon Dieu, mais pourquoi donc les écologistes se posent aujourd’hui en défenseur du gaz ? Nous parlons bien du gaz qui produit du CO2, le même qui fait monter la température et les océans... Je crois que la réponse vient dans l’alternative qui s’offre à nous. On nous dit : « c’est le gaz ou le nucléaire ». Or, l’atome a pour principal défaut d’être la cible favorite de nos amis les roses-verts. S’il a d’autres défauts, il a au moins l’avantage de ne pas produire de gaz à effet de serre, et je crois que l’urgence écologique la plus pressante est le réchauffement global du climat.

    Donc le nucléaire, alternative plus ou moins crédible quand on sait que les centrales présentent malgré tout des risques et que la question des déchets n’est toujours pas résolue (même si on peut espérer en trouver une avant la fin de leur existence). Si le nucléaire actuel n’est pas la panacée, qu’il pose un problème non négligeable d’opinion publique, il est néanmoins plus acceptable que le gaz, d’autant plus qu’il est déjà la source de 40% de notre production électrique ; ce ne serait pas un « nouveau problème ».

    De ces deux alternatives, j’aimerais n’en choisir aucune. J’ai entendu qu’en Allemagne, 24'000 emplois étaient directement issus de la recherche dans les énergies renouvelables, pour un montant de plus de 9 milliards d’euros par an. La Suisse pourrait entrer des deux pieds dans la compétition internationale par le biais de ses universités et autres EPF…
    Deuxième option compatible avec toutes les autres, limiter la consommation énergétique. Cette consommation est sans doute excessive pour de nombreux appareils électroménagers et imposer quelques normes écologiques – comme on impose des normes de sécurité – ne nuirait pas forcément à notre économie. Des dizaines de solutions sont proposées pour diminuer la consommation sans pour autant diminuer notre confort de vie.

    Bref, mon opinion (parce qu’il faut bien la donner et que j’adore le faire) est une liste de priorité. D’abord, évaluons la part de notre consommation énergétique que nous pourrons assurer dans vingt ans avec les énergies renouvelables et les économies d’énergies. Si malgré des investissements importants, nous n’arrivons pas à nous débarrasser complètement du nucléaire, renouvelons en partie notre parc atomique.
    Je regrette les positions de ceux qui veulent du nucléaire même s’il n’était pas nécessaire et de ceux qui ne veulent absolument rien, au risque de devoir importer de l’électricité, sachant que cela ne fait que reporter le problème environnemental dans des mains peut-être moins « tip-top-propre-en-ordre » que les mains argoviennes.

    mercredi, 28 février 2007

    Salaire minimum vaudois

    Tiens, c’est le printemps ! les élection cantonales battent leur plein dans le canton de Vaud et on découvre des affiches pleines de bonnes intentions. Une d’entre elles a particulièrement retenu mon attention, celle du POP qui prône l’introduction d’un salaire minimum de 3'500 francs par mois. Avec lequel tout devient possible.

    Il y a quelque chose de malsain dans cette promesse. Pas tant dans le fonds que dans la forme. Nous parlons ici d’élections cantonales, les élus siègeront au Grand Conseil, ou peut-être au Conseil d’Etat. La question du droit du travail est régie essentiellement par le Code des Obligations accompagné de quelques lois accessoires. Or, ces lois sont cantonales, et le principe d’un salaire minimum hors CCT ne peut, à mon avis (dites moi, chers juristes expérimentés si je me trompe) qu’être imposé par le droit fédéral. Les vaudois éliront leurs représentants sur la base de programmes et de promesses électorales, et le POP promet à ses électeurs l’instauration d’un salaire minimum, alors que même si Joseph Zyziadis se fait élire et que 80% du parlement est popiste, un salaire minimum ne pourra pas être imposé.

    Je trouve ces manœuvres un peu exagérées : que l’on promette des choses difficilement réalisables, passe encore dans une campagne. Mais promettre quelque chose d’impossible à réaliser relève du mépris de l’électeur et ne sert qu’à faire dans la politique la plus basse possible. Chers amis du POP, les fédérales, c’est en octobre !

    lundi, 19 février 2007

    Prüfungen

    Dritte mündliche Prüfung bestanden.

    Donc, la matière, ça va, mais en ce qui concerne la langue, quelle catastrophe... Coup de blues !

    Plus qu'un, vendredi, et je serai en vacances, disponible pour alimenter un peu mieux ce blog.

    vendredi, 16 février 2007

    Nouveau blog

    J'ai mis à jour mon blog, puisque l'ancien était sans doute le plus ringard qui existait.

    Bon, voilà, j'ai remis les messages (les dates ne jouent plus malheureusement) et j'ai perdu les anciens commentaires. Tant pis, on repart pour un tour :-)



    Le foutage de gueule des CFF

    Les Suisses sont sans doute égaux devant la loi, mais pas devant les CFF. Je sors à l’instant d’un train reliant Genève au Simplon. J’ai fait le trajet debout, coincé entre deux personnes, certains n’ont pas pu monter dans le train à Lausanne. Cette situation se répète tous les soirs de la semaine, à 17h20 au départ de Lausanne, avec un pic le vendredi. Ce phénomène se reproduit le dimanche soir, dans le sens inverse.

    Il est grand temps que les CFF ouvre les yeux : il existe une région francophone en Suisse. L’arc lémanique est une des régions qui se développe le mieux dans notre pays et pourtant… Et pourtant, les CFF nous offre toujours pour nos InterRégio les poubelles des Suisses Allemands. Quel plaisir que de se promener dans les gares de Zurich, Arau ou Berne : on découvre le dernier cri du monde ferroviaire, qu’il s’agisse d’InterCity ou d’Omnibus. Par contre, la Suisse romande, à côté, c’est le musée des transports.

    L’attitudes des CFF est tout simplement honteuse. Pourquoi devrais-je payer mon Abonnement Général le même prix qu’un Zurichois alors que je n’ai pas droit à une place assise dans le train, et que je ne peux bénéficier des trains climatisés seulement en hiver ?

    Les CFF se sont déclarés « victimes de leur succès » après l’expérience Rail2000. On peut l’être, mais on essaie au moins d’améliorer les choses. Mettre un train tous les quart d’heures aux heures de pointes, ou alors affecter des trains deux étages quand c’est nécessaire, ce pourrait être une solution. Je suis persuadé que les dirigeants de l’entreprise ont une myriade de solutions dans leur chapeau. Mais non, au lieu d’améliorer le service, on a dépensé pour rénover quelques vieilles gares.

    Messieurs les directeurs des CFF, ce que demandent les usagers, ce ne sont pas des gares fluo, mais des trains, avec une place assise ! Savez-vous que l’heure de pointe n’a rien d’exceptionnel, ça arrive tous les jours ; et que chaque semaine, c’est vendredi ? Vous est-il déjà arrivé de prendre le train, autrement qu’en première classe et à une heure de pointe ?

    Raz-le bol de payer les wagons deux étages des Zurichois, marre de financer les omnibus quatre étoiles des Argoviens. Ca devient vraiment fatiguant d’être la cinquième roue du carrosse.

    M2 le mégalo

    Je me permets dans cet article de critiquer le choix lausannois pour son métro. Je ne suis ni urbaniste, ni vaudois, mais quelques éléments dans ce choix me font penser que nous n’allons pas forcément dans le bons sens en matière de transports publics…

    Pour commencer, je tiens à préciser que j’ai vécu 4 ans à Lausanne, en n’utilisant que les transports publics. Je vis désormais à Zurich, où je n’emploie aussi que les transports publics.

    Le constat est affligeant pour Lausanne. Pourquoi diable avoir voulu investir tant d’argent (on parlera sans doutes d’un milliard une fois le projet réalisé) dans une seule ligne au détriment des autres ? Les bus lausannois ne peuvent aujourd’hui pas être remplacés, faute de moyens semble-t-il, les nouveaux horaires prévoient des suppressions de bus (le numéro trois par exemple), les bus de nuits sont quasiment inexistants. Il n’y a pas ou peu de correspondances à la gare avec l’arrivée des trains. Le M2, durant la durée des travaux, pose de gros problèmes à la circulation en ville, tant pour les piétons que pour les voitures et les TL. Le M2 aura aspiré tout le capital disponible pour améliorer l’offre des transports publics… alors que l’on parle de développer le quartier de la Blécherette, zone hors de la ligne du futur métro.
    En vivant à Zurich, ville autrement plus grande que Lausanne, je constate que le choix n’a pas été de bâtir un projet faramineux et mégalomane, mais de favoriser LES transports publics, avec une offre en trams et bus qui sert vraiment l’ensemble de la population, avec un réseau dense, des horaires intéressants et qui s’étalent de 5 heures du matin jusqu’à 2 heures du matin (sans compter les bus de nuit). Les transports y sont rapides, confortables, les lignes de trams bien aménagées et – en règle générale – à l’heure. La population zurichoise avait pourtant refusé un projet de métro.

    J’espère de tout mon cœur que le choix lausannois s’avérera payant au final, mais j’en doute. Pourquoi privilégier une seule ligne au détriment de toutes les autres ? Aujourd’hui, les le parc automobile des TL est constitué en grande partie des restes des autres grandes villes, on y est mal installés, secoués, en retard. Le sacrifice auquel l’ensemble de la population lausannoise consent me semble complètement démesuré par rapport à un projet qui rendra les TL asymétriques : d’un côté, le top du métro, et de l’autre le « tiers monde ».
    Que se serait-il passé si nous avions utilisé ce milliard pour améliorer sensiblement l’offre en bus et trolleys ? On se serait passé des chantiers faramineux, mais on aurait pu bénéficier immédiatement d’un service de qualité.

    Bon, j’ai un peu de retard dans le débat. Quel « has-been » !

    Taxer la pensée

    Jamais à court d’idées quand il s’agit de copier les âneries de nos voisins, notre cher parlement va voter une révision de la loi sur les droits d’auteur. Au cœur de problème : adapter la législation à l’évolution technologique informatique.

    Une partie des sauveurs autoproclamés de la propriété intellectuelle proposent d’établir une taxe sur les supports numériques comme les baladeurs MP3 au prorata de la capacité de stockage, considérant que l’utilisateur est forcément un voleur avide de téléchargements gratuits pour le grand malheur de tous ces pauvres artistes exploités mais heureusement bien défendus.

    Je ne peux pas accepter que l’on établisse une loi qui adopte comme principe l’idée que les utilisateurs sont tous des criminels. Imaginez une taxe sur la bière punissant la conduite en état d’ivresse… Ce serait plutôt contraire à la présomption d’innocence, et bien c’est ce que l’on cherche à imposer pour les droits d’auteurs. S’il est vrai que, comme le dit la publicité, violer le droit d’auteur, c’est voler, alors un vol est un vol et doit être puni. Mais celui qui ne vole pas ne doit pas être puni. C’est pourtant ce que l’on fait en imposant une taxe sur les supports vierges, qui pourront accueillir du contenu non protégé par les droits d’auteur, mais aussi du contenu protégé mais pour lequel on a déjà acquis les droit en achetant un disque.

    Je me pose aussi la question de la répartition de cette taxe. Cette taxe doit revenir aux artistes, ouio, mais auxquels ? Et dans quelle proportion ? Des artistes vont toucher des droits d’auteur auxquels ils n’ont pas de droit légitime et d’autres ne toucheront pas les droits qui leur reviennent, c’est évident. Cette loi revient à violer les droit d’auteurs des artistes qui ne font pas partie du club des « très connus » et qui bénéficient d’une surprotection.

    Enfin, il est essentiel de souligner que les droits d’auteurs sont souvent déjà payés au moment où une chanson est chargée sur un iPod. Sur le mien, par exemple, je n’ai presque que des disques que j’ai acheté. Pourquoi devrais-je encore payer un droit pour pouvoir écouter ces morceaux ? Il s’agit là d’une double imposition scandaleuse qui profite à tous ceux qui ont pour l’instant triché en téléchargeant illégalement. En achetant mes disques, j’ai acheté le droit de les écouter dans mon cercle familial. Vu le prix des CD, cela me paraît être encore la moindre des choses. Pourquoi diable devrais-je encore m’acquitter d’une taxe ?

    De même, il est franchement inacceptable d’interdire le dézonage des lecteurs de DVD, principe complètement contraire au libre-échange : pourquoi ais-je le droit d’acheter un DVD lors d’un voyage à l’étranger, mais une fois de retour chez moi, je ne peux que regarder l’emballage ? Pourquoi l’Etat devrait soutenir par sa loi des ententes commerciales illégales qui n’ont pour but que d’empêcher les importation hors du réseau traditionnel ? Pourquoi vouloir à tout prix empêcher la concurrence ? J’espère que notre parlement ne cèdera pas à la pression des majors. Si tel n’est pas le cas, comptez sur moi pour participer au référendum. Heureusement, la révision actuelle ne va pas aussi loin que la loi française, mais on peut s’attendre à tout pour les années à venir. Tiens, c’est comique, voilà que mon iPod joue Taxman des Beatles… c’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité.

    Une fiscalité inique

    En bon politicien, il faut reconnaître que nos adversaires mènent parfois des combats d’une grande justesse. Ce n’est pas tous les jours que je défend une idée du Parti Socialiste, mais, cette fois-ci, je dois admettre que la gauche a totalement raison de se battre contre la sous enchère fiscale menée en Suisse centrale.

    Certes, la concurrence entre cantons est en général une excellente chose, par exemple en matière de promotion économique. Fiscalement, elle est aussi intéressante et permet une régulation des taux d’imposition : grâce à elle, on ne recourt pas systématiquement aux hausses d’impôts pour couvrir le déficit étatique. Mais certains petits cantons ne parviennent pas à développer une économie fondée sur la création de richesse et la compétitivité et préfèrent se contenter de ramasser à la pelle les très riches contribuables des grandes villes voisines, grâce à une mesure fiscale inique, contraire à toutes les valeurs qui font notre pays.

    L’impôt dégressif est probablement la mesure fiscale la plus scandaleuse que je connaisse. Celui qui gagne 120'000 francs par ans travaille jusqu’au mois de mai uniquement pour payer ses impôts, celui qui gagne 500'000 sera libéré de ses obligations fiscales en mars. Appliqué dans quelques petits cantons, cette fiscalité est contraire à tous les principes qui font la bonne cohésion sociale et a pour unique but de « piquer » les très riches contribuables des grands cantons.
    La Suisse s’est aussi construite sur une idée de partage des richesses et de solidarité entre les régions riches et les régions moins favorisées pour offrir des perspectives de développement à tous. Un canton comme Zurich a des frais de fonctionnement gigantesque, offre des infrastructures aux entreprises novatrices, à la population de toute la Suisse centrale, et contribue d’une manière gigantesque à la péréquation financière qui aide les cantons moins biens munis. Ces dépenses ont des effets : Zurich est une des locomotives économique du pays. Comment pouvons-nous imaginer que cette formule, où Zurich qui porte le poids d’une lourde dette, donne plusieurs centaines de millions de francs par an aux cantons défavorisés, accepte à long terme de voir de petits cantons se contenter de récupérer les gros contribuables zurichois comme seule mesure de développement économique ? Je ne parle pas ici d’incitations fiscales pour essayer d’attirer de nouvelles entreprises, mesures qui seraient bénéfique à tous sur le long terme, mais le calcul est froid et ne va que dans un sens : quand on habite la Goldküste, on peut facilement déménager à 20 minutes de la plus grande ville du pays, voir ses impôts diminuer par deux et néanmoins passer sa vie à Zurich. Les premiers à perdre, facile, c’est la classe moyenne zurichoise qui devra bien voir ses impôts augmenter pour combler le trou causé par le départ de Ospel & Co. La ville perd mais paie, le petit canton gagne sans créer une seul emploi et sans contribuer du tout à la croissance du pays.

    Les clowneries de Joseph Zysiadis à Obwald ne doivent pas nous faire oublier qu’une bonne entente entre les cantons est la garantie d’une Suisse qui fonctionne. Des coups bas, en dessous de la ceinture, sont tout le contraire d’un Etat durable et prospère. Le débat avait déjà existé avec les accords fiscaux destiné à déplacer les contribuables dans le pays. Le résultat en a été la loi sur l’harmonisation fiscale qui exclut ces accords avec des ressortissants Suisse. Le système fiscal dégressif n’est pas un système fiscal compétitif, il ne s’agit que d’un moyen de contourner la loi sur l’harmonisation fiscale : ne concernant que les très riches contribuables et négligeant complètement la classe moyenne, ce système n’est en tous cas pas le reflet d’une bonne gestion de l’Etat et des deniers publics. Attirer les contribuables étranger ne nécessite nullement un impôt dégressif : les arrangements fiscaux règlent déjà la question. Si ces cantons veulent être attractifs sur le plan fiscal, qu’ils baissent les impôts, mais ceux de tous, pas seulement ceux des multi millionnaires !
    En tant que radical, soucieux de garantir la pérennité des institutions de notre pays et une bonne cohésion nationale, je ne peux que m’opposer à de tels système fiscaux et soutenir l’initiative « pour des impôts équitables ». La Suisse vaut mieux qu’un paradis fiscal.

    Expulsions et intégration

    L’agression barbare qui a eu lieu samedi soir en ville de Monthey renforce le sentiment d’insécurité et une certaine xénophobie dans la population, et c’est bien malheureux.

    Le nouveau Code Pénal qui est entré en vigueur au premier janvier a supprimé la mesure d’expulsion du territoire. C’est à mon avis une imbécillité de plus de notre nouveau droit pénal.
    Celui qui est au bénéfice d’un permis de séjour ou d’établissement en Suisse doit respecter certaines règles (c’est déjà dans la loi), dont la première est le respect de l’ordre public suisse. Je pense qu’il serait bon d’assortir systématiquement une peine de prison pour des délits très graves (meurtre, lésions corporelles graves ou viol) d’une mesure d’expulsion du territoire et une interdiction de territoire.
    Il ne s’agit pas là d’une peine pénale, mais d’une mesure administrative : celui qui commet ce genre d’infraction ne remplit plus les conditions d’autorisation de séjour. De nombreux pays appliquent ce genre de mesure, et je ne comprends pas pourquoi on a voulu supprimer cela dans le nouveau code pénal. C’est un message qui s’adresse non pas aux étrangers, mais aux criminels, dans le cas où ceux-ci sont étrangers. Je pense que l’on peut débattre de l’opportunité de permettre à des repris de justice étrangers de séjourner en Suisse sans tomber dans le racisme ou la xénophobie.
    Il est certain que des mesures d’intégration et de prévention doivent être entreprises. Je me suis opposé à la nouvelle loi sur l’asile, je défends le droit de vote communal accordé aux étrangers ou encore les diverses mesures en matière de langue ou de travail. Mais la répression est aussi une condition au maintien de l’ordre public. L’intégration n’étant pas le fait seulement de la société ou de l’Etat, mais aussi de la personne qui doit être « intégrée », je pense qu’une violation aussi crasse de l’ordre public doit être considérée comme une intégration complètement ratée.

    Qu’en pensez-vous ?

    Réformons les successions

    Notre Code Civil fêtera cette année son centième anniversaire. Il contient parmi les éléments les plus essentiels du droit privé suisse, comme le droit des personnes, des choses, de la famille ou des successions. J’aimerais m’arrêter sur cette dernière partie, le droit des successions, qui a pris un sérieux coup de vieux ces dernières décennies.

    Quel est le but de notre système successoral ? Il me semble que l’idée générale est que les biens accumulés durant notre vie doivent revenir dans la mesure du possible à notre descendance. La preuve en est l’absence d’impôt sur les successions en ligne directe dans la plupart des cantons, alors que les successions « indirectes » sont largement taxées.

    Le droit actuel fonctionne très bien pour la famille dite « classique ». Au décès d’un époux, la moitié des biens revient aux enfants, l’autre moitié à l’époux survivant. Au décès de l’époux survivant, les biens reviennent aux enfants, qui bénéficient au final de l’ensemble de la succession. Si ce système fonctionne très bien pour une famille unie avec des enfants, tous légitimes et issus du même mariage, le problème est tout différent en cas de divorce, de second mariage, d’enfant d’autre lit, etc. Si ces situations existaient il y a un siècle, elles étaient sans doute bien moins fréquentes qu’aujourd’hui. Sachant que presque la moitié des couples divorcent, il est intéressant de réfléchir aux conséquences successorales de ces divorces.

    Prenons un exemple. Imaginez un père de famille, Pierre, qui divorce après avoir eu un enfant, Jean, avec une première femme, puis se remarie avec une seconde, Sophie, sans avoir de nouvel enfant. Que se passe-t-il si Pierre décède avant Sophie ? La moitié des biens de Pierre ainsi que tous les biens de sa famille reviendront à Jean, l’autre moitié à Sophie. Au décès de celle-ci, l’ensemble des biens reviendront à sa famille, mais rien à Jean, pourtant l’enfant de Pierre. Une partie de l’héritage familial de Pierre va se retrouver dans une famille complètement extérieure alors qu’une succession directe était possible.

    Imaginons la situation inverse, où Sophie décède en premier. Pierre héritera des trois quarts des biens de Sophie, le quart restant étant destiné aux parents (et aux frères, cousins, etc.) de la seconde épouse. Au décès de Pierre, Jean touchera l’ensemble des biens de sa famille, tous ceux de son père, et les ¾ de ceux de sa belle-mère !

    L’exemple est peut-être difficile à suivre, mais imaginez que vous ajoutez un enfant commun, un enfant de Sophie d’un premier lit, et une première épouse mariée, on arrive à un remake de top model, situation finalement pas si extraordinaire. On voit ici que pour un enfant issu d’une famille recomposée, la différence en part d’héritage peut varier du simple au quasi quadruple, selon l’ordre des décès de son entourage. Il est temps que le Code Civil soit adapté aux évolutions de notre société, et en particulier aux nouvelles formes de familles. Même s’il serait sans doute préférable que le nombre de divorce diminue, on ne peut pas légitiment faire porter aux enfants le poids du choix des parents. Beaucoup de partis parlent aujourd’hui de politique familiale. Il ne faut pas oublier qu’une famille n’est pas seulement un couple marié avec deux enfants. Les familles monoparentales ou recomposées constituent une part important des familles de ce pays et les oublier n’est ni juste, ni opportun.

    Des crèches plutôt que des lois

    Conjuguer harmonieusement l’existence d’une vie familiale et l’exercice d’une activité professionnelle est aujourd’hui très compliqué et l’existence de crèches est une réponse à certains de ces problèmes. Les nombreuses lois et règlements en la matière compliquent malheureusement des choses qui devraient pourtant être simple. Il est aberrant de voir une crèche fermer à Bex pour des raisons de manque de personnel dit « qualifié ». Ce genre de problèmes se répète dans le pays et ce sont les parents qui trinquent.

    Les jeunes radicaux valaisans exigent que les lois sur la petite enfance soient simplifiées et que les réglementations soient drastiquement assouplies. Il est incroyable de considérer insuffisamment qualifiée pour garder des enfants une personne ayant effectué le travail de mère au foyer pendant 15 ans et ayant élevé des enfants. Un tel assouplissement doit entraîner la création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois tout en rendant un service précieux aux familles dont les deux parents travaillent.

    Pour des considérations obscures, nous sommes parvenus à transformer ce qui devait relever de l’initiative privée, parfois subventionnée, en un mastodonte administratif. Pour les jeunes radicaux valaisans, la solution au problème des places de crèches ne passera pas par une augmentation de subventions destinées à compléter l’arsenal législatif, mais par une déréglementation et une plus grande immixtion de l’initiative et de la responsabilité individuelle.

    Du juridisme, en veux-tu ? En voilà !

    J’ai eu le plaisir de suivre les séances du Conseil National ce matin au sujet du traitement de l’initiative Hofmann, ce que d’aucun appelle déjà le contre-projet à l’initiative des radicaux. Ardent défenseur de cette initiative, je m’interroge sur la pertinence des arguments juridiques du camps adverse.

    Nous parlons de places de travail, on nous rétorque l’ordre hiérarchique des tribunaux, nous évoquons la croissance économique, on nous répond par la subsidiarité du droit fédéral. Mais où est passé l’environnement dans ce débat ? Les méchants promoteurs que nous sommes maintenons notre discours sur la nécessité d’un aménagement du territoire appuyé sur des prises de décision de l’autorité publique et non pas par des groupements de privés. En face, on ne fait plus que du juridisme jusqu’au-boutiste.

    Le point controversé dans la motion Hofmann et dans notre projet réside dans la question de tenir compte des choix du peuple en matière d’aménagement du territoire. Il n’a jamais été question de supprimer la hiérarchie des normes et d’accepter soudainement que le droit communale puisse renverser le droit fédéral. Depuis quand peut-on légalement mettre un projet en consultation populaire pour un sujet illégal ? Dans ces cas-là, la voie du recours au tribunal cantonal puis au tribunal fédéral est ouverte, nous ne parlons nul part de la fermer. Nous prétendons seulement que dans le cadre de leurs compétences, les communes ont une latitude suffisante pour appliquer et interpréter la parcelle de loi qui leur est dévolue. Donner aux associations le pouvoir de jouer les zorros de la juste application de la loi est contraire à tous les grands principes qui garantissent une démocratie à étage comme en Suisse. Pour assurer que les communes et que les cantons font bien leur travail, nous avons toute une série de mécanismes de surveillance dont le droit de recours en est un.

    Le droit de recours crée des problèmes d’envergure dans le pays : on parle de 20 à 30 milliards de francs de bloqués par des recours ou par des négociations en vue d’éviter un recours. Dans ce contexte, on peut difficilement se payer le luxe d’empêcher la création de logements dans des cantons saturés ou de bloquer le développement économique de zones déjà en rade en comparaison internationale. Peu importe, on continue à laisser bénéficier d’un droit de recours absolu même contre des décisions de cercles démocratiques dans leur domaine de compétence pour des motifs purement juridique et dont l’application matérielle est plus que sujette à caution.

    Le parlement est en train de refuser une version édulcorée de notre projet. J’espère que le peuple saura comprendre que ce ne sont pas à 30 associations de protection de l’environnement de dicter la politique d’aménagement du territoire…

    L'illusion de l'indépendance

    J’ai encore entendu un ami vanter les mérites de l’indépendance de la Suisse face à l’Union européenne. Contrairement à lui, Je pense que cette indépendance relèvera gentiment du mythe si nous persistons dans notre voie solitaire, à croire que 450 millions de personnes sont des imbéciles et que nous, Sonderfall que nous sommes, détenons la vérité.

    J’aime comparer la relation entre la Suisse et l’Europe à la relation qui existe entre le Lichtenstein et la Suisse. La Suisse est une espèce d’Europe miniature d’un point de vue géographique : 26 Etats, quatre langues, différentes cultures, régions économiques, et j’en passe. Avec 150 ans de retard, l’Union est confrontée à des problèmes majeurs que nous avons dû régler en 1848.

    A côté de cette Union Helvétique se dresse un petit Etat indépendant, sur le papier du moins.

    Le Lichtenstein peut constituer un gouvernement mais ses compétences sont assez limitées. La Poste, les Affaires Etrangères, la monnaie, l’armée, et j’en passe, sont des domaines qui sont complètement régis par la Confédération. Comparons maintenant la petite principauté à mon cher canton. Le Valais est un « petit Etat » de la Confédération, avec une représentation de seulement 9 parlementaires sur 246. Et bien, malgré sa petite taille, le Canton parvient tout de même à avoir une des représentations les plus en vue du pays, avec un président de parti national, deux conseillers fédéraux ou un catogan gueulard. Les Valaisans ont de l’influence, même s’ils sont rares. Maintenant, réfléchissons, quel est l’Etat le plus indépendant ? Celui qui peut prendre position le jour où la BNS demandera une dévaluation, ou celui qui ne pourra que regarder le Franc suisse perdre de sa valeur ? Je crois que la participation constitue une garantie d’indépendance.

    Nous devons absolument éviter de devenir le Lichtenstein de l’Europe. Non pas que je n’aime pas ce micro Etat, mais parce que nous sommes trop grands pour nous contenter d’une place de suiveur dans la logique internationale. Je crains cependant que notre indépendance se réduise déjà comme peau de chagrin. Etudiant en droit, je constate que le terme « euro compatible » sort presque aussi souvent de la bouche du professeur que le principe de la protection de la bonne foi. Euro compatible, c’est quoi en pratique ? C’est simple : après de longs débats, nos parlementaires finissent par appliquer le papier carbone pour reprendre les directives de Bruxelles.
    Le Luxembourg est sans doute un nain sur l’échiquier européen, mais il peut contribuer à l’élaboration des lois européenne et chercher un consensus. Nous, les Suisses, nous ne pouvons pas. Les Pays-Bas peuvent influencer la rédaction de la Constitution européenne, nous ne pourrons que la ratifier le jour où nous nous déciderons à adhérer. Chaque jour qui passe nous enlève un peu de notre marge de manœuvre sur la politique internationale et nationale. En d’autre termes, on appelle ça une perte d’indépendance. Progressivement, nous risquons de ne devenir que l’ombre de cette Europe politique qui avance, pas toujours au même rythme, mais qui avance quand même. Regardez, on peut déjà payer en euros dans presque toutes les grandes surfaces du pays, et même aux automates des T-L !

    Certes, tous les malheurs prédits en 1992 ne se sont pas réalisés, tant mieux, nous pouvons réfléchir plus sereinement à une adhésion.
    Du côté des partis politiques, l’ambiance européenne est sinistre. Personne - à part les opposants - n’osent aborder de front la question, et c’est bien dommage. Car l’adhésion est une question plus importante que l’AOC Fromage des Grisons. Malheureusement, il reste bien peu de politiciens suffisamment courageux pour défendre une idée à contre-courant.

    Une grande majorité des intervenants de ce site sont des jeunes qui ne risquent pas leur carrière politique à défendre un sujet impopulaire. Profitons de cette plate-forme pour relancer le Grand débat de la décennie à venir !